Jeudi 8 janvier, une cinquantaine de tracteurs a pris d'assaut la capitale, malgré des barrages de police, illustrant la détermination des agriculteurs français. Ludovic Ducloux, viticulteur girondin et coprésident de la Coordination rurale, a décrit son périple depuis l'Entre-deux-Mers : "Nous avons fait route jusqu'à Paris toute la nuit, rejoints par des collègues en chemin".
Les agriculteurs ont fait face à deux barrages successifs, mais leur arrivée dans la capitale, près de la célèbre Tour Eiffel, a été étonnamment fluide. "Nous sommes arrivés en petits groupes pour éviter d'attirer l'attention", a-t-il souligné. À proximité de la Dame de fer, des bottes de foin et des tracteurs sont devenus des symboles de la lutte agricole.
Bien que le ministre de l'Intérieur ait signalé une trentaine de tracteurs rassemblés en Île-de-France, la situation est restée relativement calme, avec seulement quelques interpellations. "On est ici surtout pour le symbole", a expliqué Ducloux, mettant en avant la fierté de voir leurs engins garés devant un monument emblématique de la France.
Les manifestations ont été marquées par une volonté de dialogue avec les autorités. Les agriculteurs ont tenté de se rendre à l'Assemblée nationale, où ils ont été accueillis par la présidente Yaël Braun-Pivet. Cependant, beaucoup ont exprimé leur frustration face au manque de réponses concrètes. "Nous attendons des actes, pas seulement des mots de soutien", a déclaré Dorian Filipozzi, un jeune céréalier du Lot-et-Garonne.
Les revendications des agriculteurs sont variées, allant de la nécessité d'une "loi spéciale" pour réguler leur secteur à des demandes spécifiques comme l'abrogation des agences environnementales et un moratoire sur certains contrôles. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a souligné l'urgence d'obtention de réponses avant le vote du budget de l'État en mars.
Cette action s'inscrit dans un contexte plus large de mobilisations agricoles en France, où le secteur lutte pour sa survie face à des défis économiques croissants. En prévision de l'accord de libre-échange avec le Mercosur, une nouvelle mobilisation est déjà prévue le 20 janvier devant le Parlement européen à Strasbourg, confirmant une dynamique de revendications à plusieurs niveaux. Selon des experts de l'agriculture, si rien ne change, il est essentiel que les agriculteurs continuent d'unir leur voix pour défendre leurs intérêts et garantir des conditions de travail acceptables.







