Des agriculteurs de la Coordination rurale ont organisé une action spectaculaire à Paris ce vendredi, à l'approche de la signature du traité de libre-échange avec le Mercosur. Ils ont investi le périphérique parisien au petit matin, paralysant la circulation avec leurs tracteurs et criant des slogans contre ce qui est perçu comme une menace pour l'agriculture française.
Le président Emmanuel Macron a récemment confirmé le refus de la France de signer l'accord, mais cela n’a pas apaisé les craintes de nombreux agriculteurs qui craignent une concurrence déloyale de la part des produits sud-américains. Des membres de la Confédération paysanne ont rejoint cette mobilisation, se levant contre ce qu'ils qualifient de « maladie du libre-échange ». Nicolas Fortin, le secrétaire général du 3e syndicat agricole, a déclaré : « Nous ne voulons pas que nos vaches soient sacrifiées sur l'autel du Mercosur. »
Les agriculteurs, accompagnés de militants écologistes et d'étudiants d’AgroParisTech, ont affiché leurs préoccupations face à la gestion actuelle de l'épizootie de dermatose bovine, ainsi qu'à la faiblesse des prix des céréales. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour des politiques agricoles nationales. Selon un rapport du Ministère de l'Agriculture, la situation devient de plus en plus critique avec des produits importés à des prix souvent inférieurs à ceux des producteurs locaux.
Des routes et des autoroutes ont été bloquées à travers le pays, avec des actions signalées non seulement à Paris, mais aussi dans d’autres régions comme le Nord et la Bourgogne, où plusieurs incidents ont été rapportés. La tension continue de monter, alors que les agriculteurs expriment un besoin urgent de changements dans les politiques de soutien à leur secteur, surtout en cette période de crise sanitaire et économique.
« Ce qui a été accompli aujourd'hui est un exploit, » a déclaré le président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, en promettant un retour en force si nécessaire. Les agriculteurs prévoient d'autres actions, le 20 janvier devant le Parlement européen à Strasbourg.
Les pressions pour obtenir un moratoire sur les contrôles dans les fermes et une réévaluation des politiques agricoles se font de plus en plus sentir, à mesure que les enjeux deviennent plus pressants. Le Monde rapporte que l’union des agriculteurs exprime un besoin urgent de dialogue avec le gouvernement pour créer des solutions durables face à la menace du Mercosur.







