Quinze ans après un premier rejet, la Cour de révision se penche sur le cas de Dany Leprince, condamné à la réclusion à perpétuité pour un meurtre survenu en 1994 dans la Sarthe. Ce jeudi, à 9h00, le tribunal annoncera s'il annule ou non sa condamnation, une décision cruciale pour cet homme de 69 ans qui a passé 18 ans en prison et qui affirme toujours son innocence concernant le quadruple meurtre de son frère, sa belle-sœur et deux de ses nièces.
Dany Leprince, désormais libre, voit en ce recours une ultime possibilité de réclamation d'un procès révisé. Un rejet de la Cour de révision pourrait définitivement sceller ses aspirations à une réhabilitation, étant donné que cette institution peut seulement annuler la décision de la cour d'assises si des éléments nouveaux remettent en question sa culpabilité. Lors de l’audience du 7 mai, Dany Leprince a réitéré son innocence avec une déclaration poignante : "Je tiens à vous dire que je suis totalement innocent."
Les avocats de Leprince, Mes Olivier Morice et Missiva Chermak Felonneau, sont convaincus que des éléments récemment découverts pourraient faire naître un doute fondamental sur sa culpabilité. "Nous espérons l'annulation de la condamnation tant il y a de faits nouveaux", ont-ils déclaré à l'AFP, tout en reconnaissant que la décision à venir serait également un moment historique pour le système judiciaire français, où les révisions de condamnation sont extrêmement rares.
Le drame remonte au 4 septembre 1994, lorsqu'un quadruple assassinat bouleverse la commune de Thorigné-sur-Dué. La dernière rescapée, Solène, âgée de deux ans, a témoigné de sa douleur et de ses interrogations face à un passé plein de zones d’ombre, en soutenant la démarche de son oncle devant la Cour.
Accusé par sa femme et sa fille aînée, Dany Leprince a d'abord avoué puis s'est rétracté, ses défenseurs qualifiant ces aveux d'"erronés". La cour d'assises a condamné Leprince dès décembre 1997, et bien que la loi ait permis des appels à partir de 2001, toute demande de révision a été formellement rejetée en 2011.
Pourtant, des lacunes demeurent, comme l'absence de preuves confirmationnant les accusations et l'absence d'objets personnels essentiels pour l'éclaircissement de l'affaire. La conseillère Dorothée Dard a récemment fait remarquer que ces éléments pourraient ne pas être suffisants pour établir notre homme coupable, jetant ainsi un nouvel éclairage sur un fait divers qui continue de hanter la mémoire collective.







