Le jeune pilote français Esteban Masson, âgé de 21 ans, s'illustre aux 24 Heures du Mans cette année au volant d'une Oreca du Team Forestier Racing by Panis. Évalué par Toyota, il fait partie d'une nouvelle vague de talents qui aspirent à entrer dans la catégorie reine de l'endurance, l'Hypercar.
Originaire d'Ancenis en Loire-Atlantique, Masson possède un palmarès impressionnant. Après avoir dominé les ligues régionales de karting, il a remporté deux titres nationaux en 2019. En monoplace, il a brillamment remporté le championnat de France F4 en 2021, suivi d'un succès en Eurocup-3 deux ans plus tard. Récemment, il a ajouté le titre ELMS à son palmarès.
Le jeune pilote mène un programme chargé cette saison, alternant entre le championnat européen en LMP2 et le WEC au volant d'une Lexus. "En enchaînant ainsi les courses, je m'améliore constamment", confie-t-il, noter l’importance de ce rythme intense pour son développement. Ses relations avec Toyota sont également étroites : “Ils me suivent de près, identifiant ce qui a été bien fait et ce qui peut être amélioré”, précise Masson.
Premier jeune pilote non-japonais soutenu par Toyota
Il est à noter qu'Esteban Masson est le premier pilote non-japonais soutenu par Toyota, qui a historiquement privilégié les talents japonais. "C'est un privilège d'avoir ce soutien", déclare Masson. David Floury, directeur technique de Toyota Racing, le décrit comme un pilote prometteur qu'ils forment depuis trois ans, avec l'objectif ambitieux de l'intégrer en Hypercar.
En attendant, Masson effectue des essais privés sur la TS010, ultime préparation pour son transfert potentiel en Hypercar. Ces essais lui fournissent des connaissances cruciales sur les procédures complexes nécessaires au pilotage de ces véhicules de haute performance.
Un avenir incertain en Hypercar
Bien que la voie vers Toyota semble prometteuse, l’intégration au sein de l’équipe n’est jamais assurée. La stabilité des pilotes chez Toyota est notoire, avec des membres comme Sébastien Buemi en place depuis 2012. La récente arrivée de Nick de Vries en 2024 illustre à quel point les places se libèrent rarement.
"Il est essentiel d'apprendre à chaque course et de rester patient", avertit Floury, témoignant de la rapidité de progression de Masson sans toutefois garantir une promotion immédiate. La question d'un changement de pilote demeure ouverte et, comme le souligne un expert, de petites renoncements ou des changements peuvent aussi amener des choix stratégiques de la part de Toyota.
Masson suit cet exemple d'attente avec prudence : "Je reste concentré sur chaque course, bien conscient des défis qui m’entourent." Avec son statut de pilote de réserve, il sait que sa situation peut évoluer, tant en bien qu’en mal. Son histoire rappelle celle de Thomas Laurent, qui, malgré son potentiel illimité, n’a pas reçu la promotion tant attendue.
Le jeune homme d'Ancenis est donc engagé dans un équilibre délicat : rester patient tout en prouvant, course après course, qu'il mérite une place au sommet de l'Endurance.







