Un nouvel acte tragique a frappé Nantes, avec un quatrième décès par balle en l'espace d'un mois. Ce jeudi, un jeune homme de 18 ans a été abattu en pleine journée dans le quartier populaire de La Bottière.
Le procureur de la République, Antoine Leroy, a confirmé le meurtre, survenu vers 12h20, suite à des rapports de tirs. Les forces de l'ordre ont rapidement trouvé le corps de la victime, tandis que les tireurs ont réussi à fuir, selon des sources policières et les informations publiées par Ouest-France.
Une enquête préliminaire révèle que la victime a succombé à plusieurs impacts de balles. Des équipes de police scientifique ont été dépêchées sur les lieux, tout comme de nombreux agents, et un périmètre de sécurité a été établi autour de la scène du crime, marquée par des bâches blanches et des rubalises.
Témoignant de la peur qui règne dans le quartier, une résidente a déclaré avoir entendu « trois coups de feu » vers 12h30. "J'ai quatre enfants, ça me fait peur. Se promener en pleine journée pourrait nous exposer à une balle perdue ? Ce n'est pas normal," s'est-elle indignée.
Wahib, un éducateur sportif dans le quartier depuis plus de 20 ans, a partagé son inquiétude : "Ça a passé un cap depuis un mois. Avant, ça tirait, mais ça ne tuait pas. On se demande comment arrêter tout cela ; il ne faut pas abandonner les jeunes à cette violence".
L'angoisse des habitants est palpable. Un groupe de riverains, rassemblé près des lieux du drame, exprime sa saturation face à l'escalade de la violence. "C'est un parc où les enfants peuvent traîner, il y a des écoles à proximité," souligne un homme, qui préfère rester anonyme.
Un autre voisin ajoute : "Les habitants en ont assez, c’est la première fois que nous assistons à une telle montée de violence. Ce n'est pas normal ce qui se passe."
Un observateur explique : "La violence a grandi lentement pendant des années. Il y a eu des fusillades, et maintenant des morts. Faut-il attendre ce type de drame pour être entendus ?"
Denis Talledec, adjoint à la sécurité de la mairie de Nantes, déclare : "Nous ne banaliserons pas ces faits ; chaque événement est un drame que nous prenons très au sérieux." De son côté, la maire socialiste, Johanna Rolland, affirme que "tous les moyens seront mobilisés pour mettre fin à cette série de règlements de compte. La Ville est pleinement engagée aux côtés des habitants".
Depuis fin avril, Nantes a déploré quatre homicides par arme à feu dans des quartiers sensibles, trois d'entre eux liés à des activités de trafic de drogue. Le 28 avril, une première victime a été abattue dans le même quartier de La Bottière. Le 14 mai, un adolescent de 14 ans est retrouvé mort dans le quartier du Port-Boyer, alors qu'il: devait intervenir sur un point de deal très convoité par les trafiquants.
La nuit du 26 au 27 mai, un jeune homme d'une vingtaine d'années a également été tué par balle dans le quartier de la Halvêque, à proximité du stade de la Beaujoire. Au milieu de cette souffrance, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait effectué une visite à Nantes, réaffirmant sa volonté de lutter contre le narcotrafic et de restaurer l'ordre public.







