Pierre Guillon de Princé, âgé de 85 ans, a exprimé ses excuses ce samedi pour les actions de ses ancêtres, marquant ainsi un moment historique lors de l'inauguration d'un espace de mémoire dédié à l'esclavage colonial sur l'île de Nantes, en Loire-Atlantique. Dans son discours, il a mis l'accent sur sa compassion, particulièrement à l'égard du peuple d'Haïti, qui a souffert non seulement de l'esclavage, mais aussi d'une dette injuste imposée par des puissances coloniales.
En tant que premier membre d'une famille d'armateurs négriers français à prendre publiquement la parole, Guillon de Princé a affirmé : « C'est un soulagement pour moi ». Lors de cet événement, il était accompagné de l'ambassadeur d'Haïti en France, Louino Volcy, et du président de l'association La Coque Nomade-Fraternité, Dieudonné Boutrin.
Il a précisé que, entre 1766 et 1789, ses ancêtres avaient armé des navires pratiquant la traite atlantique, causant la capture de 4 500 personnes dont plus de 200 avaient trouvé la mort durant le voyage. Pierre Guillon de Princé a déclaré : « C'est vers l’ensemble des communautés de la Caraïbe que je présente mes excuses, car le racisme continue d'affecter leur existence quotidienne. »
Un geste significatif vers la justice réparatrice
Lors d'une rencontre en 2021, il a croisé la route de Dieudonné Boutrin, un Martiniquais descendant d'esclaves, ce qui lui a permis de mieux appréhender le devoir de mémoire entourant l'esclavage. « Cette rencontre m’a permis de concrétiser mon désir d’agir pour une justice réparatrice », a-t-il expliqué.
Lors de son intervention, Guillon de Princé a également annoncé un don à l'association « Haïti Futur ». Bien qu'il ait reconnu que cette contribution reste symbolique comparée aux souffrances endurées par les victimes de l'esclavage, il a promis un soutien continu à l'association par le biais de prélèvements périodiques.
Une prise de conscience collective
« Pierre n’est pas responsable du passé, mais nous sommes responsables du présent et du futur », a déclaré Boutrin, soulignant l'importance de construire de nouvelles identités tout en prônant la fraternité entre les peuples. Selon lui, « la France a colonisé et son identité a évolué », et il appelle à un dialogue apaisé plutôt qu'à des conflits.
Cet événement marque non seulement un geste de réconciliation, mais aussi une invitation à une réflexion collective sur les séquelles laissées par le passé colonial, pour un avenir plus inclusif et solidaire.







