Un descendant d'esclavagistes présente ses excuses pour l'esclavage

Pierre Guillon de Princé présente des excuses historiques pour le racisme hérité de l'esclavage.
Un descendant d'esclavagistes présente ses excuses pour l'esclavage
Pierre Guillon de Princé et Dieudonné Boutrin, ici en mars 2024 à Nantes. REUTERS/Stephane Mahe

Pierre Guillon de Princé, âgé de 85 ans, a exprimé ses excuses ce samedi pour les actions de ses ancêtres, marquant ainsi un moment historique lors de l'inauguration d'un espace de mémoire dédié à l'esclavage colonial sur l'île de Nantes, en Loire-Atlantique. Dans son discours, il a mis l'accent sur sa compassion, particulièrement à l'égard du peuple d'Haïti, qui a souffert non seulement de l'esclavage, mais aussi d'une dette injuste imposée par des puissances coloniales.

En tant que premier membre d'une famille d'armateurs négriers français à prendre publiquement la parole, Guillon de Princé a affirmé : « C'est un soulagement pour moi ». Lors de cet événement, il était accompagné de l'ambassadeur d'Haïti en France, Louino Volcy, et du président de l'association La Coque Nomade-Fraternité, Dieudonné Boutrin.

Il a précisé que, entre 1766 et 1789, ses ancêtres avaient armé des navires pratiquant la traite atlantique, causant la capture de 4 500 personnes dont plus de 200 avaient trouvé la mort durant le voyage. Pierre Guillon de Princé a déclaré : « C'est vers l’ensemble des communautés de la Caraïbe que je présente mes excuses, car le racisme continue d'affecter leur existence quotidienne. »

Un geste significatif vers la justice réparatrice

Lors d'une rencontre en 2021, il a croisé la route de Dieudonné Boutrin, un Martiniquais descendant d'esclaves, ce qui lui a permis de mieux appréhender le devoir de mémoire entourant l'esclavage. « Cette rencontre m’a permis de concrétiser mon désir d’agir pour une justice réparatrice », a-t-il expliqué.

Lors de son intervention, Guillon de Princé a également annoncé un don à l'association « Haïti Futur ». Bien qu'il ait reconnu que cette contribution reste symbolique comparée aux souffrances endurées par les victimes de l'esclavage, il a promis un soutien continu à l'association par le biais de prélèvements périodiques.

Une prise de conscience collective

« Pierre n’est pas responsable du passé, mais nous sommes responsables du présent et du futur », a déclaré Boutrin, soulignant l'importance de construire de nouvelles identités tout en prônant la fraternité entre les peuples. Selon lui, « la France a colonisé et son identité a évolué », et il appelle à un dialogue apaisé plutôt qu'à des conflits.

Cet événement marque non seulement un geste de réconciliation, mais aussi une invitation à une réflexion collective sur les séquelles laissées par le passé colonial, pour un avenir plus inclusif et solidaire.

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