Dans une tragédie ferroviaire survenue mardi matins dans le Pas-de-Calais, un conducteur de TGV a perdu la vie lors d'une collision avec un poids lourd, faisant également une quinzaine de blessés. Le chauffeur du camion, un jeune Polonais âgé de 30 ans, a été mis en garde à vue suite à ce drame et est suspecté d'avoir commis un homicide involontaire aggravé, selon le procureur de la République de Béthune, Étienne Thieffry.
Le camion concerné était un convoi exceptionnel destiné à transporter un pont mobile militaire, utilisé récemment lors d'exercices en Belgique. Le chauffeur avait pour mission de le ramener au 6e régiment du génie à Angers, selon des déclarations de l'Armée de terre.
Les premiers éléments de l'enquête ne permettent pas d'établir si le camion a forcé le passage à niveau, celui-ci étant confirmé par des responsables, dont le PDG de la SNCF, Jean-Castex, comme étant en état de fonctionnement normal. L'accident s'est produit à 06h48 heure locale, alors que le TGV, reliant Dunkerque à Paris, circulait à environ 160 km/h avec 246 passagers à bord.
Des témoignages évoquent un "gros boum" lors de l'impact. Pierre-François Dhoossche, un témoin, a décrit la scène : "J'ai vu le camion au passage à niveau, un peu choqué, alors que le pont mobile avait été projeté à plusieurs mètres sous l'effet du choc". Jean-Castex a également salué le professionnalisme du conducteur du TGV, un homme chevronné âgé de 56 ans, dont le décès a profondément choqué la communauté ferroviaire.
Parmi les blessés, deux personnes ont été hospitalisées en état d'urgence absolue, mais leurs jours ne sont pas en danger. Le maire de Mazingarbe, Laurent Poissant, a souligné que, fort heureusement, le TGV ne circulait pas à sa vitesse maximale grâce à la configuration des lieux.
Les équipes de secours ont rapidement été déployées pour gérer la situation, tandis que le train a stoppé plusieurs centaines de mètres plus loin. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, s'est rendu sur place pour évaluer la situation.
La CGT des cheminots a exprimé ses préoccupations et a appelé à des investigations approfondies pour comprendre les circonstances de cet événement tragique, alors que le trafic ferroviaire sur cette voie pourrait rester interrompu pendant au moins une semaine.
D'après SNCF Réseau, la France a enregistré 89 accidents impliquant des passages à niveau, dont 20 mortels, un chiffre alarmant puisque le pays compte environ 15 000 passages à niveau. Des accidents similaires, comme celui de Saint-Raphaël en mars dernier, soulignent la nécessité d'une vigilance accrue sur ces points sensibles.







