Le maire de Cannes, David Lisnard, a pris une décision marquante mardi en claquant la porte des Républicains, dénonçant les "ambiguïtés" du parti. Lors d'une interview sur France 2, il a exprimé sa volonté de participer à la course présidentielle et a réaffirmé son appel à la tenue d'une primaire pour choisir le candidat de la droite.
"Je pars de LR car ce parti n'a pas su se distancier de ses ambiguïtés et de la macronie", a-t-il déclaré après avoir remis sa démission au leader des Républicains, Bruno Retailleau, lors d'une réunion au Sénat. Lisnard a également exprimé son mécontentement face à la présence de ministres LR dans le gouvernement de Sébastien Lecornu, malgré la suspension de la polémique réforme des retraites.
Confirmant sa candidature à l'élection présidentielle, Lisnard a souligné qu'il ne s'agissait pas d'une simple candidature de témoignage : "Je porte un projet puissant pour que la France soit respectée, indépendante et gagnante". Toutefois, il a réitéré sa demande d'organiser une primaire de la droite, englobant toutes les tendances, jusqu'à celles plus à droite comme Sarah Knafo (Reconquête). Il a averti que l'absence de cette primaire pourrait entraîner la perte d'une opportunité cruciale pour rétablir une certaine ordre dans le paysage politique.
Cette position divergente le classe comme un critique des récentes décisions du bureau politique des Républicains, qui a écarté l'idée d'une primaire ouverte. Au lieu de cela, ils soumettent trois options aux adhérents : désigner directement Bruno Retailleau, organiser une primaire réservée aux membres du parti, ou une primaire élargie aux sympathisants.
"Je ne supporte pas ce qui est proposé", a-t-il déclaré aux médias, remettant en question l'illusion de LR en tant que leader potentiel "capable d'imposer un candidat au second tour". Ces dernières années, sa menace de quitter le parti n’a pas été prise à la légère. Déjà, après l'échec d'une motion de censure contre le gouvernement, il avait exprimé des doutes sur l'avenir des Républicains.
Suite aux événements récents, Lisnard avait exprimé son intention de quitter le parti, évoquant des pratiques de vote biaisées concernant la désignation du candidat à l'élection présidentielle. Un cadre des Républicains a qualifié cette réaction de "réaction épidermique" et a noté la proximité personnelle entre Lisnard et Retailleau.
Pour expliquer son départ, des membres des Républicains suggèrent que "David Lisnard tente une échappée". Ils estiment qu'il pourrait reprendre pied au sein du parti si ses ambitions ne s'avèrent pas fructueuses dans les mois à venir. La possibilité d'une réconciliation future n'est pas à exclure, comme l'a souligné un cadre LR, laissant entendre que Lisnard pourrait revenir de manière respectueuse.
Au sein des Républicains, la décision de Lisnard serait également influencée par les pressions exercées par le mouvement Nouvelle Énergie, qu'il a créé, ainsi que par le soutien qu'il a reçu d'Éric Ciotti dans les Alpes-Maritimes. Ce dernier, nostalgique du temps où Lisnard était au sein du parti, l'a invité à le rejoindre pour sortir de son "isolement". Cependant, Lisnard a clairement affirmé : "Si je devais être au RN, je serais au RN. Or, je n'y suis pas".







