L’équipe municipale a pris à bras-le-corps un sujet d’une complexité inédite, la dalle piétonne de Mériadeck, qui représente une véritable « juxtaposition de propriétés privées ».
Cling, clang, bam ! La dalle piétonne de Mériadeck, souvent comparée à un énorme xylophone, révèle des fissures et des carreaux chancelants qui posent question. Didier Jeanjean, ancien adjoint en charge de la nature en ville, a rappelé : « Au début de notre mandat, nous dépensions jusqu'à 400 000 euros par an pour ces réparations, alors que d'autres structures nécessitent également des travaux. Ce modèle de gestion soulève des interrogations, car il engendre des coûts importants pour un résultat qui n'est pas à la hauteur des attentes. »
Avec un mélange de matériaux et de couleurs, le sol de Mériadeck présente une image peu valorisante pour un quartier singulier au cœur de Bordeaux. Les anciens néons, autrefois intégrés dans les garde-corps, n’existent plus que dans les mémoires de ceux qui se souviennent de leur éclat.
Qui paye quoi ?
Dans le cadre d’un projet de réhabilitation, la municipalité s’est engagée à déterminer précisément la propriété des différentes zones de la dalle et les responsabilités qui en découlent. En janvier 2025, lors d'une réunion publique, Didier Jeanjean a souligné : « Il est essentiel de savoir qui paye quoi. »
Le 5 décembre 2023, la fermeture du parking Metpark a ramené ce sujet sur le devant de la scène. Propriété de Bordeaux Métropole, ce parking, soumis à des infiltrations d'eau, n'a toujours pas rouvert. La métropole propose de racheter pour un euro symbolique la portion de dalle piétonnière qui le recouvre.
L’esplanade, cas à part
La seule zone sur laquelle la municipalité a eu les coudées franches est l’esplanade Charles-de-Gaulle, conçue en 1973 et réaménagée récemment. Ce lieu peut se targuer d’appartenir à la Ville et d’être à sa seule charge.
Un statut dépassé ?
La gestion partagée des dalles piétonnières a toujours été problématique, notamment en raison de la diversité des copropriétaires impliqués. Claire Vendé, directrice générale de BMA, explique que juridiquement, traverser cette dalle revient à « passer par les jardins de vos voisins ». Le statut actuel devient donc inadapté, engendrant confusion et désagréments pour les usagers.
« Notre volonté, c’est de rénover l’ensemble de la dalle », assure la municipalité.
Alors que le projet de réhabilitation bat son plein, la question de la propriété et de l’entretien des dalles piétonnières reste au cœur des débats. Le statut juridique désuet conduit à des malentendus sur les responsabilités et complique la prise de décision. Il reste à savoir comment sera résolu ce casse-tête au cours des prochaines années.







