Un pétrolier russe, sous sanctions, s'apprête à débarquer 730 000 barils de brut à Cuba, défiant ainsi le blocus imposé par les États-Unis sur l'approvisionnement énergétique de l'île, en proie à de graves pénuries.
Le navire, nommé Anatoly Kolodkin, a récemment contourné la pointe est de Cuba et progresse vers le port de Matanzas, au nord-ouest de l'île, selon le site spécialisé MarineTraffic. Chargé dans le port de Primorsk en Russie le 8 mars, le pétrolier a été escorté par un vaisseau de la marine russe à travers la Manche.
Une interception américaine inattendue
Cuba, avec près de 10 millions d'habitants, n'a plus reçu de pétrole depuis le 9 janvier. La dernière livraison provenait du Mexique, qui a cessé ses envois après des pressions de Washington.
Jorge Piñón, un expert en énergie à l'université du Texas à Austin, a exprimé sa surprise quant à l'absence de tentatives américaines pour intercepter le pétrolier : "Une fois que le navire pénètre dans les eaux cubaines, il devient presque impossible pour le gouvernement américain de l'arrêter", a-t-il souligné.
Dans un contexte tendu, le président américain Donald Trump a récemment affirmé : "Si un pays veut livrer du pétrole à Cuba, qu'il le fasse. Cela n'aura aucun impact. Cuba est fini..." Cette déclaration reflète la position américaine concernant Cuba, qui a perdu son partenaire pétrolier principal, le Venezuela, après la capture de Nicolás Maduro par les forces américaines.
Pénuries et coupures d'électricité à Cuba
Les Cubains font face à des coupures d'électricité fréquentes, s'étendant parfois au-delà de 20 heures. Depuis le début de 2024, le pays a subi au moins sept pannes nationales, mettant en exergue la gravité de la crise énergétique. Le président cubain, Miguel Díaz-Canel, a mis en œuvre des mesures de rationnement pour économiser le carburant, entraînant une flambée des prix et une réduction des transports publics, avec certaines compagnies aériennes même suspendant leurs vols vers l'île.







