Dans une affaire qui a mobilisé l'attention du public, le tribunal correctionnel de Paris a condamné l'ancien sénateur Joël Guerriau à une peine de quatre ans de prison, dont 18 mois ferme. Il a été reconnu coupable d'avoir drogué la députée Sandrine Josso afin de tenter de la violer, lors d'un dîner en tête-à-tête en novembre 2023.
Après quatre heures de délibérations, le tribunal a conclu que l'ancien élu centriste avait intentionnellement administré de la MDMA à Sandrine Josso. Les détails des circonstances de cette soirée, souvent décrits comme intimes, ont pesé dans la décision du tribunal. Les récurrences dans les déclarations de la plaignante ainsi que l'insistance de Guerriau à lui faire consommer du champagne, modifié par l'ajout de la drogue, ont été des éléments cruciaux.
Il lui a été infligé 30 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans, incluant une obligation de soins, ainsi que 18 mois ferme. Ce dernier aspect de la peine a conduit à un mandat de dépôt différé, non exécuté immédiatement, permettant à Guerriau de faire appel de la décision.
En s'adressant aux médias après l'audience, Sandrine Josso a déclaré ressentir un "immense soulagement" suite à la reconnaissance de sa qualité de victime. Le procureur avait précédemment requis une peine de quatre ans, dont trois ferme, arguant que les actes de Guerriau étaient prémédités.
"Je suis totalement écrasé par ce que le procureur a pu dire", a déclaré Joël Guerriau, visiblement affecté par le jugement. Au cours des audiences, les deux parties ont soutenu des lectures complètement opposées de l'événement tragique survenu dans le domicile de Gueriau, à proximité du Sénat.
Revenant sur la soirée, Sandrine Josso, 50 ans, a partagé son sentiment initial d’inconscience, pensant se trouver à une réunion amicale. Elle a décrit comment, après avoir pris un verre de champagne, les effets de la drogue se sont progressivement manifestés, la plongeant dans un état de panique et d'inquiétude.
Invitée par Guerriau, qu'elle considérait comme un ami de longue date, Josso a réalisé au fil de la soirée qu'elle n'était pas en sécurité. Au cours de son témoignage, elle a décrit le champagne comme "sucré" et s'est questionnée sur l'insistance de Guerriau à lui en proposer davantage. Les effets ont commencé à se manifester rapidement, avec des symptômes tels que des palpitations et des nausées.
Sanctionné par la cour, Joël Guerriau a affirmé qu'il avait agi par inadvertance. Il a tenté de minimiser la gravité de son acte, se qualifiant de "imbécile" pour avoir offert à sa convive une substance conçue pour son propre usage, évoquant un episode de dépression.
Tout au long de cette affaire, l'actualité a mis en lumière non seulement la gravité de la soumission chimique, un sujet qui touche de plus en plus de victimes, mais a également entraîné des débats sur la responsabilité des individus dans de telles situations. Des experts de la santé mentale insistent sur la nécessité de sensibiliser le public à ces dangers croissants dans des contextes apparemment innocents.







