Le militant engagé Amine Kessaci a annoncé sa candidature aux prochaines élections municipales de Marseille, unissant ses forces avec le maire sortant Benoît Payan dans le but de faire de la seconde ville de France un modèle dans la lutte contre le narcotrafic.
La déclaration a eu lieu dans un lieu symbolique : l'Après M, un ancien fast-food reconverti en espace de solidarité au cœur des quartiers défavorisés du Nord.
"Je sais que le maire soutiendra ma lutte, et ensemble, nous ferons de Marseille un symbole national contre le narcotrafic", a déclaré le jeune homme de 22 ans dans une interview avec l'AFP. Cette détermination est d'autant plus personnelle pour lui, ayant perdu son frère, Brahim, en 2020 à cause du narcotrafic, et son petit frère, Mehdi, dans un crime tragique survenu le 13 novembre, qui a choqué la ville.
La liste du Printemps marseillais, bien que pas encore présentée, sera composée d'une large coalition allant des socialistes aux communistes, sous la direction de Benoît Payan, un ancien socialiste proche de Kessaci. Ce dernier était présent lors d'un rassemblement qui a mobilisé plus de 6000 personnes suite à l’assassinat de Mehdi.
"Nous ne pouvons pas laisser la peur nous dominer", a rappelé l'élu. Toutefois, cette nouvelle responsabilité pour Kessaci implique des enjeux de sécurité, l'obligeant à se déplacer toujours en étant accompagné de plusieurs policiers et à porter un gilet pare-balles.
Candidat à un poste politique national pour la première fois, Kessaci a déjà montré ses capacités en atteignant le second tour des législatives de 2024, où il a été battu de justesse par la candidate du Rassemblement National, Gisèle Lelouis.
Son livre "Marseille essuie tes larmes", dévoile son parcours dans le quartier de Frais-Vallon, où il a été élevé par une mère algérienne, qui l’a inspiré dans son engagement. "Je veux me battre pour elle et pour toutes les mères de famille du quartier qui luttent contre l'influence de la drogue sur leurs enfants", a-t-il déclaré.
Kessaci envisage de créer, après les élections, une association nationale de maires engagés contre le narcotrafic. Son mouvement ne se limite pas aux discours ; il insiste sur l'importance d'initier des actions concrètes pour prouver que la lutte contre le trafic de drogue est possible.
Ses aspirations et ses projets de réforme incluent la réinstauration d'une police de proximité, l'amélioration des services publics, notamment dans l'éducation, ainsi que le désenclavement des quartiers populaires.
Avec une voix qui résonne jusqu'au sommet de l'État, Kessaci est déterminé à faire entendre son message d'espoir : "Le narcotrafic ne doit pas être considéré comme une fatalité, je me bats pour changer cette réalité."







