Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a exprimé ses préoccupations suite à l'adoption du budget par le biais de l'article 49.3 de la Constitution, un acte qu'elle qualifie d'échec de la démocratie parlementaire. Dans un entretien exclusif, elle propose des réformes pour éviter que cela ne se reproduise.
Sébastien Lecornu, Premier ministre, a dû faire appel à cette mesure controversée pour faire passer le budget, illustrant ainsi les difficultés persistantes d'atteindre un consensus entre les forces politiques. Braun-Pivet souligne l'absence de débat substantiel sur des rubriques essentielles comme l'éducation ou la recherche, affirmant : "Nous n'avons pas discuté ce qui constitue le cœur d’un budget." Elle insiste sur la nécessité d'une révision des règles budgétaires pour garantir un examen plus approfondi à l'avenir.
Quelles réformes propose-t-elle ? Braun-Pivet suggère de limiter la durée des débats et d'insister sur l'examen global du budget, au lieu de le segmenter en recettes et dépenses. À l'échelle européenne, la plupart des pays procèdent à des votes globaux, un modèle qu'elle souhaiterait voir adopté en France. Elle prône également la stabilité fiscale, en proposant qu'un budget soit voté pour plusieurs années afin de rassurer les investisseurs privés et les entreprises.
Sur le sujet des journées parlementaires réservées à l'opposition, elle admet qu'elles sont souvent le théâtre d'affrontements politiques. "Ces séances sont très politisées et parfois tendues", a-t-elle déclaré, en réponse aux récents incidents au sein de l'Assemblée. Elle déplore ces tensions, tout en reconnaissant le droit des groupes à défendre leurs idées.
Quant à la loi sur la fin de vie, Braun-Pivet est préoccupée par les amendements du Sénat qui en ont altéré le contenu. Elle a promis que le texte ferait l'objet d'une dernière lecture le 17 février, affirmant sa détermination à le voir adopté d'ici l'été 2026.
Envisagera-t-elle des consultations publiques ou des référendums pour renforcer la démocratie ? Elle est en faveur d'une telle approche, considérant que cela pourrait rapprocher les Français des décisions politiques, avec une proposition de réduire le seuil de signatures nécessaires pour déclencher un référendum. Braun-Pivet ne cache pas son optimisme quant à l'évolution des structures parlementaires et pourrait envisager sa propre candidature en 2027, tout en se concentrant sur le bon fonctionnement de l'Assemblée.
Elle conclut en évoquant la position internationale de la France, contraire à l'idée d'un isolement. Elle rappelle l'importance de renforcer l'unité européenne et les alliances stratégiques pour l'avenir du pays, notamment dans les débats sur la défense et la sécurité européennes.







