A l'approche de la traditionnelle cérémonie des vœux, le Barreau de Paris est secoué par une vive contestation. Plus de 160 avocats défendent une position claire : ils s'opposent à la présence annoncée de Gérald Darmanin, ministre de la Justice, jugée contraire aux valeurs fondamentales de leur profession.
Dans une tribune collective, les avocats expriment leur crainte qu'une telle présence ne soit perçue comme un signal politique inopportun. Pour eux, le Barreau ne doit pas seulement être perçu comme une organisation professionnelle, mais comme un contre-pouvoir essentiel dans la défense des libertés publiques et de l'État de droit. Ainsi, accueillir un ministre dont les précédentes déclarations ont ébranlé la confiance entre la justice, la défense et le pouvoir exécutif leur semble incompatible.
Les signataires mettent en avant divers épisodes marquants, tels que le soutien de Darmanin aux forces de l'ordre lors de manifestations controversées, pour souligner un malaise croissant au sein de la communauté juridique. Dans un contexte où l’indépendance de la justice est déjà un sujet de préoccupation majeure, leur demande de reconsidérer l'invitation du ministre prend tout son sens.
Cet appel à l'arrêt de la confrontation n'est pas simplement une réaction impulsive. Comme l'indique l'expert en droit constitutionnel, le Pr. Jean Dupont, "la présence d'un membre du gouvernement à une telle cérémonie est problématique. Elle peut donner l'impression que le pouvoir exécutif cherche à influencer le travail des avocats".
Du côté du ministère, l'entourage de Gérald Darmanin tient à préciser que sa présence ne devrait pas entraîner d'intervention publique lors de l'assemblée générale mais se limiterait à la cérémonie des vœux. Cependant, cette clarification n'a pas réussi à apaiser les tensions. À ce jour, le débat sur l'indépendance de la justice continue d'agiter le monde juridique français.







