Après une journée de grandes manifestations contre le traité de libre-échange avec le Mercosur, Emmanuel Macron a finalement décidé de voter contre ce texte le 8 janvier. Une décision jugée par beaucoup trop tardive par Jordan Bardella, président du Rassemblement National, qui annonce le dépôt de motions de censure.
Le 8 janvier, des milliers d'agriculteurs ont envahi les rues de France, exprimant leur ferme opposition au traité de libre-échange avec le Mercosur, actuellement examiné par l'Union européenne. Cette mobilisation s'est intensifiée lorsque, dans la soirée, Emmanuel Macron a annoncé qu'il s'opposerait au texte lors du vote programmé le 9 janvier, rejoignant ainsi des pays comme l'Irlande, la Pologne ou la Hongrie. Cependant, cette position ne semble pas suffisante pour influencer le résultat, surtout après le soutien inespéré d'Italie.
Jordan Bardella, sur le réseau social X, a vivement réagi en qualifiant l’attitude de Macron d’hypocrite : "Après des années de négociations où il n'a jamais défendu les intérêts français, sa prétendue opposition au Mercosur apparaît comme une manœuvre de communication désespérée. Les agriculteurs subiront les conséquences de cet accord, et il en est bien conscient !" D'autres figures du RN, comme Marine Le Pen, révèlent leur indignation face à cette situation, soulignant que la France ne peut se fier à un simple vote contre. Le Pen a appelé Macron à envisager des menaces de suspension de la contribution française au budget de l’Union européenne pour montrer l'importance de ce sujet.
Pour renforcer cette dynamique, Bardella a annoncé que le Rassemblement National déposerait deux motions de censure : l’une à l’Assemblée nationale contre le gouvernement, et l’autre au Parlement européen contre la Commission von der Leyen. Il a qualifié la situation de "trahison vis-à-vis des agriculteurs français" et exigé une action réelle pour défendre les intérêts nationaux. Des experts agricoles craignent d'énormes pertes si cet accord entre en vigueur, signalant que les producteurs locaux seraient directement menacés par la hausse de la concurrence.
Cette situation met en lumière une discordance entre les ambitions commerciales de l'Union européenne et les préoccupations des agriculteurs nationaux, créant un débat brûlant qui pourrait voler la vedette aux autres enjeux politiques actuels. L'opposition au Mercosur pourrait se transformer en un véritable test pour la capacité de Macron à gérer des crises internes face à la pression croissante.







