Le gouvernement français s'engage à dévoiler d'ici ce vendredi une série de mesures visant à répondre aux préoccupations croissantes des agriculteurs. Cette promesse a été faite suite à une réunion à Matignon organisée par la FNSEA, le principal syndicat agricole, sous la présidence d'Arnaud Rousseau.
Les agriculteurs, confrontés à des défis majeurs tels que la dermatose nodulaire contagieuse touchant les bovins et la flambée des prix des engrais, espèrent des solutions concrètes sur plusieurs sujets cruciaux. Parmi ceux-ci figurent la viticulture, la taxe carbone aux frontières, ainsi que la mise en application de la loi Duplomb, qui vise à simplifier les démarches administratives pour les exploitants. Rousseau a clairement exprimé : « Nous lui avons rappelé que ce qui importe, ce ne sont plus les discours, mais les actions. »
Le président de la FNSEA a souligné que les agriculteurs se sentent pris au piège, non seulement à cause des réglementations mais aussi à la suite de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, qui pourrait accroître la concurrence sur leurs produits. « Cet accord est le symbole de ce que nous ne voulons pas pour l'agriculture européenne », a-t-il déclaré. En effet, cet accord, négocié pendant plus de deux décennies, vise à faciliter les exportations européennes tout en ouvrant davantage le marché aux importations agricoles, suscitant l'inquiétude parmi les agriculteurs français.
En réponse à cette situation tendue, l'Union européenne a annoncé une hausse significative de 45 milliards d'euros pour le budget de la politique agricole commune, à compter de 2028. Cette décision, selon la FNSEA, pourrait être perçue comme une tentative de concession avant la signature potentielle de l'accord UE-Mercosur prévue pour le 12 janvier prochain.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devra obtenir l'aval des États membres lors d'un vote imminent, et les propos de Rousseau laissent entendre que si le contrat devait être finalisé, de nouvelles mobilisations des agriculteurs seraient inévitables.
Alors que les agriculteurs expriment leur mécontentement face à la situation actuelle, plusieurs experts pointent la nécessité d’un véritable dialogue entre le gouvernement et les acteurs du secteur pour garantir l'avenir de l'agriculture en France. Comme l’indique François Laffitte, agronome et conseiller agricole, « il est essentiel que des réponses concrètes soient apportées, car les exploitants ne peuvent plus supporter cette instabilité. »







