Pour un chroniqueur hongrois, l'édition 2026 de la Coupe du monde de football joue avec ses émotions. Malgré les enjeux politiques et écologiques qui entourent cet événement, il ne peut s'empêcher d'y plonger, comme il le confie dans le journal Nepszava.

Traditionnellement, il se prépare durant des semaines, scrutant les performances des équipes, évaluant les chances de chaque nation tout en pleurant les absents. Mais cette fois, son enthousiasme est en berne. C'est seulement quelques jours avant le coup d'envoi qu'il réalise que le tournoi commence, tout en étant conscient de l'élargissement controversé de 32 à 48 équipes, qui ne fait qu'accentuer les dérives de cet événement.

Le journaliste Viktor Egri, dans un article publié sur 24.hu, souligne très justement les raisons pour lesquelles cette "fête du football" semble de plus en plus compromise. Les déferlements de passions sont souvent mis en balance avec une réalité, marquée par des enjeux politiques mondiaux, comme l’ère Trump ou le fonctionnement controversé de la FIFA sous Gianni Infantino.

“terrassé par ma dépendance”

Malgré ses réserves, cet amateur se retrouve à apprécier les performances sur le terrain, confronté à sa propre dépendance au football. C'est un phénomène qui transcende les âges et les pays. Alors qu'il regarde les matchs, il se dit qu'il pourrait être assis aux côtés de ceux qui se réjouissent d’un but marqué, défiant la logique avec une jubilation presque enfantine.

Dans un monde où la planète est mise à mal par ces festivités, la distance et l'absurdité des déplacements internationaux font réfléchir. "Certaines équipes doivent parcourir des milliers de kilomètres, ce qui sont en contradiction totale avec les objectifs de réduction des émissions de carbone", observe-t-il, se rendant compte que la préparation de la Coupe du monde n'est plus qu'une farce au regard de l'urgence climatique.

Ce dilemme le renvoie à ses réflexions sur la société moderne. Comme le dit le philosophe Slavoj Zizek : "La simple survie devient notre seul objectif à l'époque actuelle." Et pourtant, malgré tout cela, son regard reste rivé sur l'écran, observant Lionel Messi marquer un triplé et soutenant une équipe autrichienne qui lui tient à cœur.

“je m’incline devant le génie de mbappé”

Inéluctablement, le football crée une psychose collective, rendant difficile le détachement. Alors qu'il se réjouit du talent de stars comme Mbappé, il ressent un mélange de fierté et de désespoir. Au fond de lui, il sait que cette passion engendre une forme de dépendance, un plaisir coupable. Se demandant s’il s’agit d’une autodestruction inhérente à notre humanité, il prévoit que les générations futures regardent ces événements avec des yeux différents, espérant une prise de conscience face aux enjeux environnementaux de leur époque.

Cette Coupe du monde pourrait bien se révéler comme un des plus grands défis de notre ère, une illustration frappante de nos paradoxes en tant qu’êtres humains. Reste à savoir si la prochaine génération saura jongler entre ses passions et la préservation de notre planète.