De nombreux Vénézuéliens tentent désespérément de retrouver leurs proches coincés sous les décombres après un double séisme dévastateur ayant frappé mercredi dernier. Selon un bilan préliminaire, au moins 164 personnes ont perdu la vie, tandis que le nombre des blessés dépasse les 971.
Les scènes de destruction sont impressionnantes, particulièrement dans la région de La Guaira, au nord de Caracas, où l'aéroport international de Maiquetia a été fermé suite à des dégâts majeurs, et dans la ville côtière de Catia la Mar, où de nombreux immeubles se sont effondrés. Les équipes de l'AFP sur place ont décrit des tas de gravats où des familles cherchent désespérément leurs disparus.
Antonio Bermudez témoigne : "Une jeune femme du onzième étage a répondu à mes appels, mais sans outils, nous ne pouvons rien faire pour la sauver". Lisbeth Vazquez, 37 ans, raconte comment sa famille a réussi à échapper à la tragédie : "Nous avons dû sortir par les fenêtres alors que l'immeuble s'enfonçait dans le sol. C'était terrifiant". D'autres, comme Larry Rojas, affichent un sentiment d'impuissance : "Nous n'avons plus rien, pas même le courage d'entrer dans les décombres".
Jean Alexander Capote, dont la fille est toujours portée disparue, implore une aide rapide : "Nous avons désespérément besoin d'assistance". L'ONU a appelé à un "effort collectif massif" pour secourir les victimes, en soulignant l'importance de soutenir les organisations humanitaires sur le terrain.
Pour sa part, le gouvernement des États-Unis a promis une réponse "importante et efficace". Des nations comme la Chine, l'Inde et même l'Iran, traditionnel allié du Venezuela, se sont également engagées à envoyer des équipes de recherche et des moyens médicaux.
Delcy Rodriguez, présidente par intérim, a déclaré l'état d'urgence après les secousses sismiques d'une intensité sans précédent, estimées à 7,2 et 7,5 sur l'échelle de Richter, marquant le séisme le plus puissant enregistré au Venezuela depuis un siècle, selon l'USGS.
À Caracas, les dégâts sont tels que de nombreux habitants ont été contraints de passer la nuit à la belle étoile, craignant de nouvelles répliques, tandis que des routes sont jonchées de débris de verre. Le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, a ordonné des coupures d'électricité et de gaz pour prévenir d'autres accidents.
"Ça tremble encore", crient des témoins pendant les répliques alors que des groupes de secouristes s'affairent à libérer ceux qui sont toujours piégés.
L'ONU avertit que la situation pourrait aggraver les vulnérabilités préexistantes, avec près de 8 millions de personnes ayant déjà besoin d'une aide humanitaire avant les séismes. Le soutien international est devenu essentiel et urgent pour prévenir une crise humanitaire encore plus profonde.
L'aéroport international de Maiquetia, gravement endommagé, a été fermé, mais l'aéroport militaire de La Carlota a été identifié comme une alternative pour acheminer l'aide. Les secousses du séisme ont été ressenties jusqu’en Colombie et dans plusieurs villes du nord du Brésil, témoignant de l'ampleur du désastre.
Par le passé, le Venezuela a vécu des catastrophes similaires, mais jamais avec un impact aussi dévastateur. Le pays compte sur une réponse rapide et solidaire pour surmonter cette épreuve.







