Alors que le mandat de Claire Hédon en tant que Défenseur des droits s'achève en juillet après six ans de services, une potentielle nomination de François-Noël Buffet, sénateur aux opinions jugées "très peu compatibles" avec les valeurs de l'institution, soulève de vives inquiétudes.
Le Défenseur des droits, une autorité indépendante chargée de garantir le respect des droits et libertés, se retrouve au cœur d'une tempête médiatique malgré la déclaration d'une porte-parole, qui a insisté sur le fait que l'institution ne commenterait pas la nomination à venir.
François-Noël Buffet, 62 ans, ancien ministre sous la houlette de Bruno Retailleau, a vu son profil controversé soulevé par des agents du DDD ainsi que par diverses associations de la société civile. Une pétition, rassemblant presque 12.000 signatures, a été adressée au président Emmanuel Macron, plaidant pour un choix qui reflète l'importance et la gravité de cette position.
Marie Chaumard, membre du bureau CGT du Défenseur des droits, souligne qu'historiquement, chaque nomination suscite des débats, mais que l'inquiétude actuelle est particulièrement forte, surtout au regard des opinions politiques de M. Buffet. Des critiques émergent concernant ses positions sur des sujets sensibles tels que les droits des migrants, le mariage pour tous, et les questions LGBT.
Bien que Buffet se définisse comme un "gaulliste social", ses actions passées, comme sa contestation du mariage pour les couples de même sexe en 2013 et son opposition à l'élargissement de la Procréation médicalement assistée (PMA), soulignent un potentiel décalage avec les valeurs de l'institution.
Paul, un agent du DDD, renchérit en déclarant que les avis de M. Buffet sur des questions cruciaux semblent s'éloigner du respect des droits fondamentaux. L'inquiétude est partagée par d'autres experts, tel que Alexandre Schon, coprésident de l'Inter-LGBT, qui insiste sur l'importance d'un contre-pouvoir afin de contrer la montée des discours réactionnaires.
Vincent Tiberj, professeur à Sciences Po Bordeaux, a appelé à la prudence avant de juger M. Buffet, rappelant que tous les candidats ne sont pas nécessairement en désaccord avec les valeurs défendues par le DDD. Cependant, l'héritage du précédent Défenseur, Jacques Toubon, soulève des attentes difficiles à combler pour son successeur.
Les préoccupations d'une nomination trop proche du pouvoir politique sont également fréquentes. Caroline, une employée du DDD, redoute que cela puisse compromettre l'indépendance de l'institution. Tandis qu'une sénatrice de gauche dresse un portrait plutôt élogieux de M. Buffet sur son caractère, elle souligne également son orientation conservatrice.
Le président du Sénat, Gérard Larcher, a pris la défense de M. Buffet, affirmant qu'il possède les qualités nécessaires pour le rôle. Cependant, des rumeurs sur des arrangements entre le Sénat et l'Élysée en vue de cette nomination n'ont pas tardé à alimenter les débats.







