Le débat bioéthique commence à marquer la présidence de 2027. Suite aux déclarations de Gabriel Attal sur une éventuelle légalisation de la gestation pour autrui (GPA), une coalition de quinze figures politiques, tant de gauche que de droite, a publié une tribune pour dénoncer cette pratique qu'ils considèrent comme une marchandisation du corps des femmes.
Contre le "commerce reproductif"
À l'initiative de la ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, cette tribune rassemble des personnalités comme François Baroin, Xavier Bertrand et Agnès Buzyn. Cette alliance politique rare vise à contrer l'idée d'une "GPA éthique", terme jugé trompeur par les signataires.
Dans la tribune publiée par Ouest France, les auteurs se défendent de toute hostilité envers les familles homoparentales et les couples infertiles. Ils soulignent : "Le désir d'enfance n'est pas en cause. Il ne se juge pas." Ils posent toutefois une question cruciale : "Avons-nous le droit de mettre le corps des femmes à la disposition du désir d'autrui ?"
Le texte réagit aussi aux arguments des défenseurs d'une GPA légalement encadrée. Les signataires estiment qu'une régulation juridique ne saurait prévenir les dérives, arguant que "le droit ne supprime pas le marché, il lui donne une vitrine". Ils dénoncent un marché mondial de la GPA estimé à plusieurs milliards de dollars, basé sur une logique d'offre et de demande.
Les auteurs citent un rapport des Nations unies de 2025 recommandant "d'abolir la GPA sous toutes ses formes". Ils évoquent des "violences systémiques", telles que pressions psychologiques et traumatismes post-partum.
De plus, ils rejettent l'argument démographique selon lequel la GPA pourrait remédier à la baisse de la natalité, plaidant pour une politique familiale solide, un meilleur soutien à la parentalité et un accès facilité à l'adoption.
Une réponse politique à Gabriel Attal
Cette tribune répond surtout à Gabriel Attal, qui s'est récemment lancé dans la course présidentielle. L'ancien Premier ministre avait exprimé son souhait de ne pas "occulter" le débat sur la GPA, plaidant pour une liberté de conscience au sein des partis. Ses propos ont suscité des réactions au sein de son propre camp. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait déjà exprimé son "extrême désaccord" avec une telle évolution.
La tribune dirigée par Aurore Bergé marque maintenant l'émergence d'un front transversal contre toute légalisation. Les signataires concluent : "Une civilisation ne se définit pas seulement par ce qu'elle a le pouvoir de faire ; elle se définit aussi par ce qu'elle choisit, collectivement, de ne pas faire."







