Un tournant décisif ? Raphaël Glucksmann s'apprête à vivre une semaine cruciale qui commence par sa présence au JT de TF1 mardi et la publication de son livre jeudi. Bien qu'il n'ait pas encore annoncé officiellement sa candidature, l'eurodéputé devra rassurer les électeurs sur sa capacité à unifier une partie de la gauche et du centre tout en surmontant ses faiblesses, comme l'explique Le Monde.
Bien placé dans les sondages, représentant le camp social-démocrate avec environ 11% d'intentions de vote, il propose des idées audacieuses dans son ouvrage Nous avons encore envie, telles qu'un "nouveau contrat patriotique", une "convention citoyenne sur l'immigration" et la mise en place d'un service civique obligatoire.
Alors que le PS traverse des turbulences internes pour choisir son candidat, Glucksmann semble remettre en cause l'idée d'une primaire de la gauche soutenue par le secrétaire Olivier Faure et la cheffe des Écologistes, Marine Tondelier.
Il est conscient que son parti ne dispose pas de la structure nécessaire pour soutenir pleinement sa candidature. Il devra convaincre les socialistes déçus et les modérés du macronisme de l'accompagner dans cette démarche.
Un avenir à dessiner pour la gauche
Au sein de l'arc social-démocrate, il se confronte également à la concurrence d'anciennes figures comme François Hollande, tandis que Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, progresse dans les sondages avec 16% d'intentions de vote.
Dans son livre, Glucksmann, fervent défenseur de l'Ukraine et de l'Europe, présente ses priorités pour la France. Il insiste sur la nécessité d'un "nouveau contrat patriotique" afin de redynamiser la nation et de "redonner aux Français le contrôle de leur destin".
Il énonce plusieurs propositions, même si certaines risquent de susciter des désaccords au sein de son camp. "Je ne parle pas ici de la gauche à la gauche, mais de la France aux Français", déclare-t-il.
Il prône la création d'un service civique obligatoire de dix mois et veut faire de la sécurité un axe fondamental de sa campagne, tout en affirmant que ce domaine ne devrait pas être considéré comme un thème de droite.
Le fils du philosophe André Glucksmann appelle également à la création d'une "convention citoyenne sur l'immigration", signalant sa volonté de ne pas éviter le débat sur ce sujet délicat. Il refuse l'idée d'une immigration zéro, affirmant que ce n'est ni désirable ni réalisable.
Vers une nouvelle révolution industrielle
Parmi ses autres propositions figurent un "passeport pour l'émancipation" garantissant à chaque enfant des séjours collectifs, un concept séduisant en opposition à la tendance visant à limiter les activités de loisirs soutenues par l'État.
Souvent critiqué pour son image parisienne et déconnectée, Glucksmann a récemment été mis en cause à cause d'une note d'un de ses conseillers l'invitant à se distancier de certaines cibles électorales comme les banlieues et les classes populaires. Bien qu'il condamne ce document, il contribue à alimenter l'image d'un homme attiré par un électorat aisé et éduqué.
Récemment, il a fait part de son souhait de renouer avec "la France des pavillons", qu'il estime négligée par la gauche, qui, selon lui, ne s'efforce plus de comprendre leurs besoins, angoisses et désirs.
Il met l'accent sur la revalorisation des enseignants et le renforcement des ressources éducatives, tout en promettant une réforme des retraites "juste et ambitieuse" tenant compte des évolutions démographiques.
Déplorant le manque d'initiative de ses prédécesseurs, il appelle à la "nouvelle révolution industrielle française", axée sur une transformation écologique.
Son prochain rendez-vous pour renforcer sa candidature en vue de 2027 est fixé lors d'un meeting aux Docks d’Aubervilliers, près de Paris, le 13 juin.







