Un procès s'ouvre à Rennes, où trois hommes sont accusés d'avoir tenté de tuer un blogueur azerbaïdjanais dissident, réfugié en France. Au premier jour de l'audience dans une cour d'assises spéciale, qui a pris des mesures de sécurité renforcées, les accusés ont vigoureusement nié toute intention criminelle.
Ces individus, de nationalité ou d'origine azerbaïdjanaise, sont dans le viseur de la justice pour leur rôle présumé dans cette agression survenue en mars 2021. Tandis que deux d'entre eux demeurent introuvables, Mahammad Mirzali, la victime, a assisté au procès accompagné de sa famille et de plusieurs gardes du corps.
"Je suis ici, mais ma peur est réelle," a déclaré ce blogueur âgé de 32 ans, connu pour ses critiques acerbes envers le régime d'Ilham Aliev, et qui maintient un blog ainsi qu'une chaîne YouTube avec des centaines de milliers d'abonnés. En 2025, il a été condamné par contumace à six ans et demi de prison en Azerbaïdjan, étant régulièrement la cible de menaces de mort.
"Ma vie est menacée parce que je prône la liberté, un concept inacceptable pour le gouvernement azerbaïdjanais," a résumé M. Mirzali. Sa présence et son récit démontrent la gravité de la situation à laquelle il fait face. Il a dû quitter la salle en raison de la réminiscence de son agression brutale, au cours de laquelle il avait été poignardé à de multiples reprises.
Parmi les accusés, un suspect clé a été arrêté en possession d'un faux passeport moldave. S'étant présenté sous le nom d'Emil Topal, cet homme, dont l'identité est l'objet de controverses, pourrait, selon certaines sources, être Emin Qasimov, un Azerbaïdjanais lié à la mafia russophone. Il a affirmé avoir obtenu son passeport sans connaître son caractère frauduleux.
Le président de la cour a questionné Qasimov sur son identification, mais celui-ci a maintenu son innocence, arguant que la tentative de meurtre ne pouvait pas être prouvée, la vie de la victime n'ayant pas été mise en danger. Il a également admis sa présence sur les lieux, mais a nié toute culpabilité.
Les autres accusés font valoir des thèses de complot, en contestant les accusations portées contre eux. Des mesures de sécurité strictes sont mises en place jusqu'au 12 juin pour protéger non seulement M. Mirzali, mais également l'intégrité du procès. Les autorités ont imposé des contrôles d'accès rigoureux aux abords de la cour d'appel, y compris des vérifications de sécurité pour les avocats et le personnel judiciaire.
Ce procès soulève des inquiétudes plus larges concernant la sécurité des dissidents en exil, comme l'a fait remarquer un expert en droits humains, qui a souligné que la vulnérabilité des voix critiques est exacerbée par des réseaux criminels infiltrés au sein des instances juridiques.







