La ville de Vierzon, récemment gouvernée par une liste d'union d'extrême droite, a décidé de ne pas organiser la cérémonie du 10 mai, invoquant des contraintes budgétaires et un manque d'intérêt de la part des habitants.
Yves Husté, maire-adjoint Les Républicains, a déclaré que la journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage ne figure pas parmi les 12 journées commémoratives reconnues au niveau national. Il a reconnu que ce type d'événement n'attire pas les foules, expliquant que "personne ne venait" à la cérémonie. "C'est un fait historique qui n’a aucun lien avec le présent," a-t-il ajouté pour justifier le faible intérêt des citoyens pour le 10 mai.
Il a approfondi ses arguments en évoquant les difficultés financières de la ville de 25 000 habitants, qui affiche une dette de 32 millions d'euros avec des factures non réglées s'élevant à 2,5 millions d'euros. "Nous devons chercher des économies pour éviter la mise sous tutelle," a-t-il insisté, précisant que le coût de la cérémonie aurait été de 1 500 euros.
Une cérémonie organisée par l'opposition
Nicolas Sansu, député PCF du Cher et ancien maire de la ville, a organisé une cérémonie alternative avec fleurissement, allocutions et lectures de poèmes sur la place Aimé-Césaire. "L’annulation de cette cérémonie par la nouvelle municipalité est davantage un acte symbolique frappant l’histoire qu’un simple oubli," a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux. Il a affirmé que cela révèle également une volonté de flatter les éléments les plus extrêmes d'une frange de l'électorat.
Pour le Conseil Représentatif des Associations Noires (Cran), cette décision constitue un "acte politique d'une violence symbolique inacceptable". Le président du Cran, Haidari Nassurdine, a exprimé que faire disparaître une journée dédiée à la mémoire de la traite négrière और de l'esclavage est une attaque contre les principes républicains de reconnaissance des crimes contre l'humanité.
Changement de majorité municipale
Rappelons qu’une liste d’union d’extrême droite a remporté les élections de mars dernier à Vierzon, une ville historiquement de gauche, avec 47,87 % des voix. Le candidat Yannick Le Roux, policier de 50 ans, a été élu à la tête de cette municipalité qui, sous une administration communiste pendant plus d'une décennie, a vu un tournant politique significatif.







