Le président français Emmanuel Macron a atterri dimanche au Kenya, un pays anglophone qu'il juge représentatif d'une "relation refondée" entre la France et l'Afrique. Ce voyage s'inscrit dans un contexte où des ruptures avec d'anciennes colonies francophones ont redessiné les priorités de son action diplomatique.
Lors de son second jour en Afrique, Macron a quitté Alexandrie, en Égypte, où il avait inauguré le nouveau campus de l'Université Senghor de la Francophonie. À son arrivée à Nairobi, il a rencontré son homologue kényan, William Ruto. Les deux dirigeants ont planifié la signature d'accords entre des entreprises françaises et kényanes ainsi qu'une conférence de presse commune.
Selon la présidence française, le partenariat entre le Kenya et la France continue de croître, accueillant aujourd'hui 140 entreprises françaises, alors qu'il n'y avait qu'une trentaine de grandes sociétés il y a 15 ans. Ce changement indique un intérêt croissant et durable de la part des entreprises françaises sur le continent.
Macron a su situer William Ruto comme un acteur clé des nouveaux liens franco-africains. Ce dernier est un allié essentiel dans la proposition de réformer l'architecture financière internationale pour mieux mobiliser les investissements privés, en réponse à un environnement d'austérité concernant l'aide publique au développement.
- "Africa Forward" -
C'est avec ce partenariat que Macron a choisi d'organiser son premier véritable sommet Afrique-France les 9 et 10 octobre à Nairobi. Ruto pourrait en sortir avec une plus grande légitimité pour représenter son continent au prochain sommet du G7 à Évian, en France, invitation personnelle de Macron, qui affirme vouloir que l'Afrique soit "au cœur des décisions mondiales".
Ce sommet franco-africain, qui se déroule pour la première fois dans un pays anglophone, s'appelle "Africa Forward". C'est un signe fort de l'intention de la France de se déplacer au-delà de son traditionnel "pré carré" en Afrique francophone, en cherchant à établir des liens avec un continent multilingue.
L'événement est axé sur l'économie et les investissements, avec la participation d'une importante délégation de dirigeants d'entreprises françaises, notamment de Rodolphe Saadé (CMA CGM), Patrick Pouyanné (TotalEnergies) et Sébastien Bazin (Accor). Ces PDG rencontreront mardi plus d'une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement, avec des promesses d'investissements qui pourraient atteindre plusieurs milliards d'euros, selon des sources diplomatiques.
Face aux critiques sur un prétendu désengagement des entreprises françaises, la diplomatie française entend rassurer sur l'avenir de la présence économique de la France en Afrique, en réponse à un éventuel recul de son influence dans la région. Malgré des initiatives déclarées, les défis demeurent, notamment suite aux coups d'État successifs observés dans le Sahel entre 2020 et 2023 qui ont exacerbé le scepticisme envers la France.
Le climat antifrançais s'est également intensifié à travers le continent, notamment au Sénégal et en Algérie, où malgré quelques signes de rapprochement, les relations restent complexes. La tournée africaine de Macron s'achèvera ce mercredi en Éthiopie.







