Dans l'État du Bengale-Occidental, un phénomène inattendu anime les rues à l'approche des élections législatives prévues les 23 et 29 avril. Des politiciens, brandissant des poissons, tentent de créer un lien visible avec leurs électeurs.
Koustav Bagchi, avocat et candidat du Bharatiya Janata Party (BJP) à Barrackpore, espère que “le poisson accomplira discrètement le travail de persuasion”, d'après un reportage de la BBC. Au lieu de discours politiques enflammés, il utilise ce symbole pour signaler son appartenance à la culture locale.
“À quelques kilomètres de là, Rakesh Singh, un autre candidat du BJP, continue cette tendance en brandissant un poisson dans la foule, comme le montre un reportage d'India Today. Ce geste, loin d'être anodin, fait écho à l'importance du poisson dans la culture bengali, où il est perçu comme bien plus qu'un simple aliment.
Pour de nombreux Bengalis, le poisson constitue l'âme de leur gastronomie, et sa présence dans le débat politique revêt un sens identitaire fort.
“Menace pour le mode de vie bengalais”
La ministre en chef Mamata Banerjee, à la tête du parti All India Trinamool Congress et en quête d'un quatrième mandat, a averti que le BJP “menaçait le mode de vie” du Bengale. Elle a affirmé que si le BJP accédait à plus de pouvoir, “il ne vous permettra pas de manger du poisson. Ni de la viande, ni des œufs”.
Dans un pays où l'alimentation est souvent teintée de considérations politiques, le BJP est fréquemment associé à une image végétarienne, renforcée par la répression sur la vente de viande dans certains États. Pourtant, l'Inde conserve une majorité non végétarienne.
“Le BJP s'efforce de se distancier de cette réputation en affirmant que les Bengalis n'ont pas à renoncer à leurs traditions alimentaires,” souligne The Hindu. Shamik Bhattacharya, président du BJP en Bengal, a répété que le parti n'entendait pas imposer un régime végétarien, cherchant à rassurer les électeurs sur ce point crucial.







