Alors que le Parti socialiste (PS) se divise sur la stratégie à adopter pour la présidentielle de 2027, la France insoumise (LFI) élargit son périmètre d'action. Les tensions au sein de la gauche sociale-démocrate se sont intensifiées, chaque camp avançant ses arguments. Dans l'attente, l'obsession reste la même : comment endiguer la montée en puissance de LFI ?
Pour certains, comme l'ancien président François Hollande, une rupture nette avec LFI semble être la clé. Les succès électoraux dans certaines municipalités, obtenus sans alliance avec la France insoumise, sont souvent cités comme preuves de cette approche. D'autres, tels qu'Olivier Faure, optent pour une stratégie plus conciliante, misant sur le dialogue et les alliances à l'échelle locale. "Il est impératif de ne pas tourner le dos aux électeurs de LFI, car nous aurons besoin d'eux pour prétendre à une place au second tour", a déclaré un proche de Faure.
Les désaccords au sein du parti sont croissants, et à l'initiative de Boris Vallaud, un front anti-Faure commence à émerger. Loin de se focaliser sur les électeurs de gauche, certains membres espèrent séduire des électeurs modérés et même des déçus du macronisme, sans oublier d'autres forces comme les Verts et les communistes. Les discussions autour du mode de désignation du candidat à la présidentielle de 2027 soulignent ces tensions. Les partisans de Faure réclament une primaire ouverte aux écologistes, au Parti communiste et aux ex-Insoumis, tandis que d'autres veulent un candidat strictement socialiste incarnant une vision moins à gauche.
"LFI a passé son temps à critiquer la gauche"
Du côté de la France insoumise, les manœuvres se précisent aussi, car LFI a besoin d'augmenter sa base électorale. Ce 20 mars, Manuel Bompard a publié un appel dans Le Parisien "à tous ceux qui sont restés fidèles au programme du Nouveau Front populaire". Il propose de "constituer une nouvelle alliance populaire" et d'unir leurs voix pour les prochaines élections. Cet appel a été accueilli froidement par les écologistes, que David Cormand, eurodéputé, décrit comme une manœuvre tactique. Selon lui, LFI "veut faire croire à une démarche unitaire alors qu'il ne s'agit que d'un ralliement pour des soutiens supposés."
Les communistes, quant à eux, se montrent également sceptiques. Léon Deffontaines, ex-tête de liste aux élections européennes, déplore que cette proposition arrive inopportunément, rappelant que lors des municipales, LFI a non seulement présenté des listes opposées à l'union de la gauche, mais s'est également illustrée par une critique systématique de ses partenaires de gauche.







