Face à la fragmentation des candidatures à droite et à gauche, peut-on vraiment envisager un second tour entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon l'année prochaine ? Un récent sondage d'Odoxa indique que le président du Rassemblement National pourrait être battu au second tour. Pour cela, la droite et la gauche républicaine doivent s'unir et clarifier leurs projets.
Projeter l'élection de 2027, c'est comme plonger dans le vide, où le vertige est inévitable, mais le retour à la réalité est certain. Dans les discussions informelles, on entend souvent : "C'est déjà décidé, il sera président", en parlant de Jordan Bardella. Ce sentiment est partagé aussi bien par ceux qui espèrent ce résultat que par ceux qui en craignent les conséquences. Les sondages, à ce stade, renforcent cette impression.
Dans l'étude récemment publiée par Odoxa, Jordan Bardella obtient plus de 30 % des voix au premier tour. En revanche, un éventuel second tour entre Bardella et Mélenchon, où le soutien du peuple de gauche et du centre pourrait se cristalliser autour de LFI, est pour l'instant un scénario sans confirmation solide. Cependant, une voie alternative commence à émerger : celle d'une candidature centriste capable d'attirer un nombre suffisant d'électeurs pour contrer les extrêmes. La victoire d'Édouard Philippe aux municipales du Havre en est un signal.
Le même sondage indique que Philippe pourrait rassembler près de 21 % d'intentions de vote si Bruno Retailleau se présente, et 25 % sans lui. Au second tour, il obtiendrait 52 % des voix contre 48 % pour Bardella. Il est important de garder à l'esprit qu'il existe de nombreuses variables au sein de la situation politique : la guerre contre l'Iran ou les ennuis judiciaires de Marine Le Pen pourraient influencer le cours des choses. Néanmoins, à un an de l'élection, les tendances commencent à se dessiner : un front uni à droite et au centre pourrait représenter une réelle chance de succès.
La situation est bien différente pour la gauche. Aucun projet d'union n'est présent dans les sondages, avec des candidats du PC, des écologistes et des socialistes dispersés. Pour le Parti Socialiste, seul Raphaël Glucksmann est sondé et même dans ce cas, il pourrait ne pas surpasser Jean-Luc Mélenchon, bien que se situant derrière Philippe. À moins, évidemment, que la dynamique de campagne ne soit différente de ce qui est prévu, et jusqu'à présent, Philippe maintient le flou sur son programme, avec pour seule annonce la volonté de repousser l'âge de départ à la retraite à 67 ans.
Seule une personnalité consensuelle sera en mesure de sortir des clivages extrêmes, que ce soit à droite ou à gauche. C'est ce que le mouvement pour une candidature unique, parrainé par 90 ministres et parlementaires de droite et du centre, appelle avec insistance. Ils déclarent : "Nous ne voulons pas être les témoins d'un affrontement destructeur [...], nous demandons solennellement aux leaders de nos partis de dialoguer." Dans un an, il ne s'agira plus de faire des pronostics, mais de voter. Et cette fois, il n'y aura pas de parachute pour éviter la chute.







