Richard Ramos, député du MoDem dans le Loiret, a pris la parole sur franceinfo pour discuter des récentes élections municipales et de la montée des prix des carburants.
Pour une retranscription complète de l’interview, visionnez la vidéo ci-dessus.
Alix Bouilhaguet : Bonjour Richard Ramos. La flambée des carburants suscite une forte inquiétude. La France insoumise (LFI) demande un blocage des prix, le Rassemblement national (RN) plaide pour une réduction de la TVA, et les socialistes proposent un chèque énergie pour les plus modestes. Quelle est la position du MoDem ?
Richard Ramos : Sincèrement, je préfère parler d'une aide directe : je souhaite que les entreprises puissent, sans aucune charge pour les salariés, offrir 2 000 à 3 000 euros directement à leurs employés. Cela leur permettrait de soutenir les travailleurs dans ce contexte difficile. C'est un moyen de dire aux salariés : "nous sommes là pour vous aider". Bien que cette approche puisse entraîner une diminution des recettes fiscales à moyen terme, elle reste essentielle pour ceux qui, en raison de la flambée des prix, doivent faire face à des investissements accrus dans leurs déplacements.
Concernant les mesures annoncées par Sébastien Lecornu, qui privilégie des aides ciblées, partagez-vous son analyse sur nos finances publiques ?
Bien sûr. Réaliser des chèques avec de l'argent inexistant ne fait que creuser le déficit. Les Français doivent comprendre que l'État est en dette, et il est impératif que nous fassions des économies. La politique doit prioriser l’essentiel, comme l’aide aux pêcheurs dans une situation unique. Mais accorder des chèques sans soutien financier solide est imprudent.
lors des municipales, le RN continue de progresser avec sa victoire dans des villes moyennes, tandis que LFI s'affirme dans des zones plus urbanisées. Selon vous, qui sont réellement les grands vainqueurs ?
En effet, ces partis ont connu du succès, mais ce qu'il est essentiel de noter, c’est que de nombreux maires indépendants ont brillé sans affiliation politique. Ces gens, en interaction constante avec leurs concitoyens, sont ceux qui ont réellement remporté le scrutin. Les formations politiques sont en décalage par rapport aux attentes directes des électeurs. Beaucoup de débats politiques ne concernent plus les Français. Ce qui émerge aujourd'hui, c'est une prise de conscience collective entre des élus qui cherchent à dialoguer directement avec les citoyens sans passer par les partis traditionnels.
Le RN a pris la décision d'enlever le drapeau européen de certaines municipalités. Quelle est votre réaction ?
Je respecte leur choix, mais je souhaiterais que les citoyens comprennent ce qu'implique cette décision. L’Europe est souvent mal perçue, mais elle est vitale pour la France. Sans elle, notre pays est trop fragile et isolé. Les enjeux d’une armée européenne et d’une économie forte sont cruciaux pour notre avenir.
Les tensions dans certaines mairies ont suscité des inquiétudes. Gérald Darmanin a parlé d'un climat prérévolutionnaire. Partagez-vous cette analyse ?
Oui, je le crois. La tendance chez LFI, poussée par Jean-Luc Mélenchon, pourrait mener à une radicalisation du discours. En cherchant à mobiliser le soutien populaire via un langage contestataire, il incite des mouvements qui pourraient engendrer des troubles réels. Le risque est de voir des actes violents devenir monnaie courante dans un climat déjà tendu.
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