Le pétrolier "Grinch", suspecté d'appartenir à la flotte maritime fantôme russe, a été arraisonné par la Marine française, entraînant non seulement la mise en garde à vue de son capitaine indien de 58 ans, mais intensifiant aussi la pression sur le gouvernement de Moscou. Ce navire a été escorté vers le golfe de Fos, près du terminal pétrolier de Marseille-Fos, lors d'une opération qui s'annonce comme une étape cruciale dans la lutte contre l'évasion des sanctions occidentales imposées à la Russie.
Le Grinch, dont le capitaine a été interpellé samedi dernier, a suscité l'intérêt des enquêteurs, qui se penchent sur son statut maritime. « La justice marseillaise a pris le relais et a commencé les investigations dans le cadre d'une enquête préliminaire pour défaut de pavillon », a indiqué le parquet de Marseille. Des agents de la section de recherches de la gendarmerie maritime de Toulon sont en charge des vérifications administratives et opérationnelles, favorisant une transparence sur la légalité des activités du navire.
En parallèle, l'équipage, qui est également de nationalité indienne, est maintenu à bord du Grinch, alors que les enquêteurs analysent les documents de navigation pour déterminer la validité de son pavillon. Ce pétrolier est soupçonné de jouer un rôle clé dans les efforts de Moscou pour échapper aux sanctions en cours contre son secteur pétrolier, ce qui a récemment fait l'objet d'une couverture médiatique par plusieurs sources, y compris Le Monde, affirmant que ce type d'activité permet à la Russie de continuer à générer des revenus malgré l'isolement international.
Les détails de l'opération
Le Grinch a été intercepté dans les eaux internationales de la mer d'Alboran, une opération rendue possible grâce à la coopération d'alliés tels que le Royaume-Uni, comme l'a rapporté le président français Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux. L'intervention des commandos marine français, attendue dans le contexte des tensions géopolitiques et économiques actuelles, a été rapidement orchestrée. Des images montrent les forces françaises prenant le contrôle du navire après avoir été déposées par hélicoptère sur son pont, un tableau qui rappelle la capacité d'intervention rapide des forces maritimes françaises.
Ce n'est pas la première fois que la France mène de telles opérations. En septembre, le pétrolier Boracay avait également été arraisonné, révélant une stratégie plus large visant à démanteler les réseaux maritimes russes. Emmanuel Macron avait alors affirmé que ces actions étaient cruciales pour aider à réduire les ressources offertes à la Russie pour son effort militaire en Ukraine.
Le Golfe de Fos, où le Grinch est actuellement mouillé, est entouré d'un dispositif de sécurité maritime renforcé, comprenant des navires de la Marine nationale et des gendarmes, visant à sécuriser l'enquête en cours. Les autorités ont établi des zones d'exclusion pour garantir la protection de l'enquête, et les implications de ces opérations sur la flotte maritime fantôme demeurent discutées par des experts en sécurité maritime.
Alors que les lois sur les sanctions restent un point de préoccupation majeur, des voix dans les cercles politiques et analystes affirment que la France, et plus largement l'Europe, doivent impérativement intensifier leurs efforts pour identifier et intercepter les navires impliqués dans le contournement des sanctions. Au moins 598 navires sont actuellement sous le coup de sanctions de l'Union européenne, soulignant l'importance croissante de ce type d'interventions.







