Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, et l'ensemble de la classe politique ont fait front commun vendredi pour dénoncer les propos de Donald Trump, jugés "insultants" et "franchement consternants". Lors d'une récente interview sur Fox News, le président américain a critiqué l'implication des alliés de l'OTAN en Afghanistan, affirmant que les États-Unis n'avaient "jamais eu besoin d'eux".
Trump a déclaré que les forces alliées, bien que présentes en Afghanistan, étaient restées "un peu loin des lignes de front". Ces remarques font référence aux 20 ans de conflit post-11 septembre 2001, lorsque les États-Unis ont mené des opérations contre Al-Qaïda.
"Je trouve ses paroles profondément outrageantes," a affirmé Starmer, précisant que ce type de commentaires est d'autant plus blessant pour les familles des victimes. "Si j'avais dit cela, j'aurais certainement présenté des excuses", a-t-il ajouté, rendant hommage aux 457 soldats britanniques tombés au combat.
Le Royaume-Uni a enregistré le plus grand nombre de pertes après les États-Unis, qui ont, eux, déploré plus de 2.400 soldats lors de ce conflit. Entre septembre 2001 et août 2021, plus de 150.000 militaires britanniques ont été déployés en Afghanistan.
Le prince Harry, ancien membre des forces armées, a également réagi par communiqué, soulignant le coût humain de cette guerre. "Des milliers de familles ont été dévastées", a-t-il déclaré, insistant sur le respect dû à ces sacrifices.
La cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a qualifié les commentaires de Trump de "honteux" sur X, ajoutant qu'ils diminuaient l'héritage des soldats tout en fragilisant l'OTAN. Même des figures politiques comme Nigel Farage, fervent supporter de Trump, ont reconnu l'importance du soutien britannique aux forces américaines.
Localement, la Royal British Legion a rappelé que le service et le sacrifice des soldats britanniques en Afghanistan ne devraient jamais être remis en question.
La polémique ne s'arrête pas aux frontières du Royaume-Uni : des réactions ont également émergé en Pologne, où le ministre de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a affirmé que ses vétérans méritent tout le respect dû, ayant perdu 43 soldats en Afghanistan.
Le Canada, avec 158 soldats perdus, et la France, qui a déployé près de 4.000 soldats et a compté 89 morts, ont également exprimé leur désapprobation. La ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a réitéré le respect dû aux sacrifices des soldats européens. Michel Goya, ancien colonel et analyste militaire, a même évoqué les âmes des soldats disparus pour souligner la gravité des propos de Trump.
Le Danemark a quant à lui déploré 44 soldats perdus, dont 37 au combat. Cette situation rappelle que le devoir de mémoire pour les victimes de ce conflit est universel et transcende les politiques unilatérales.







