Ce week-end, Copenhague a vu des milliers de Danois se rassembler pour défendre leur territoire emblématique, le Groenland. Cette mobilisation massive intervient en réponse aux ambitions territoriales affichées par Donald Trump, qui n'a jamais caché son désir de contrôler cette île arctique, pourtant rattachée au Danemark. Les manifestants, drapeaux groenlandais et danois en main, ont défilé à l’hôtel de ville, scandant le nom du Groenland en groenlandais, « Kalaallit Nunaat ! ».
Les slogans portés par les manifestants traduisaient leur mécontentement : « Make America Go Away » et « Les Etats-Unis ont déjà trop de glace » reflètent un rejet clair de la tentative d'annexion. D'autres rassemblements étaient également prévus à Aarhus, Aalborg et Odense, initiés par diverses organisations groenlandaises.
Comme l'a souligné Kirsten Hjoernholm, une manifestante de l’ONG Action Aid Danemark : « Il s'agit du droit à l'autodétermination du peuple groenlandais. De tels projets d’acquisition ne peuvent intimider un État, même allié. C’est une question fondamentale de droit international. »
Depuis son retour à la présidence, Trump n’a cessé d'affirmer qu'il envisagerait d'acquérir le Groenland « d'une manière ou d'une autre », mettant en avant ses enjeux stratégiques face à des rivaux comme la Russie et la Chine. Son conseiller proche, Stephen Miller, a renforcé ces idées sur Fox News, affirmant que le Groenland était trop vaste pour le Danemark, un pays qu’il a décrit comme « petit » en termes d'économie et de puissance militaire.
Des discussions récentes à Washington n'ont pas permis d'atteindre un accord avec les autorités danoises, représentant l’impossibilité de trouver un terrain d'entente. Alors que le soutien de diverses nations européennes au Danemark s’accentue, Trump a menacé d’imposer des droits de douane aux pays ne soutenant pas son plan d'acquisition.
Un sondage récent indique que seulement 6 % des Groenlandais souhaiteraient voir leur territoire intégré aux États-Unis, témoignant d'une forte opposition à cette idée. Un rassemblement à Nuuk, la capitale groenlandaise, a également été prévu, mettant en lumière l'engagement local contre le projet américain. Les Danois, ayant un vécu marqué par la colonisation et les enjeux d'identité nationale, voient ces revendications d'annexion comme une atteinte à leur souveraineté, et par extension, à l'autonomie du Groenland.
Des voix expertes, comme celles de chasseurs arctiques, mettent l'accent sur la nécessité de préserver la culture et les droits des Groenlandais. « Le Groenland n'est pas à vendre », a déclaré un représentant local, soulignant la résistance de cette communauté face aux pressions extérieures.







