La colère des agriculteurs n’a jamais été aussi palpable. Ce mardi matin, une mobilisation massive est prévue à Paris, où plusieurs centaines de tracteurs convergeront vers la place de la Concorde. Organisé par la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs des Hauts-de-France, cet événement vise à alerter les autorités sur la fragilité de la souveraineté alimentaire en France.
D’ores et déjà, il est estimé que près de 250 tracteurs feront le déplacement, témoignant de l’intensité du mécontentement qui s’est intensifié ces dernières semaines. Benoît Raux, secrétaire général de la FDSEA du Nord, évoque une volonté d'obtenir des « actes concrets et immédiats » pour soutenir les agriculteurs en difficulté.
Ce rassemblement à Paris fait suite à des actions de protestations qui ont eu lieu dans plusieurs ports français, comme à Le Havre, où des contrôles ont été effectués sur des camions frigorifiques. Ces actions ont mis en lumière la disparité entre les normes de production européennes et celles de certains produits importés, entraînant une mobilisation croissante au sein du secteur agricole.
La signature imminente de l'accord UE-Mercosur a également suscité des inquiétudes. Les agriculteurs craignent que des produits d'Amérique du Sud, moins coûteux et soumis à des réglementations moins strictes, ne viennent nuire à leur compétitivité. Justin Lemaître, des Jeunes Agriculteurs en Seine-Maritime, souligne que la situation est alarmante, craignant pour l’avenir des exploitations françaises.
Des manifestations similaires ont eu lieu dans d'autres villes, dont Bayonne et La Rochelle, où des manifestants ont exprimé leur opposition à ces accords de libre-échange, déjà critiqués pour leurs implications négatives sur l'agriculture locale. Ce climat de tension a conduit à des actions de blocage symboliques, avec des agriculteurs s'opposant à l'importation de produits qu'ils jugent non conformes aux standards européens.
Face à ces revendications, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a reconnu la légitimité des préoccupations agricoles, promettant un soutien financier de 300 millions d'euros, bien que cela soit conditionné à l'adoption du budget 2026. Les agriculteurs espèrent que cette annonce ne sera pas qu'un effet d'annonce mais qu'elle ouvrira la voie à des changements significatifs.
Alors que la ratification de l'accord avec le Mercosur est prévue pour février prochain, la situation demeure incertaine. Un appel à la mobilisation est d'ores et déjà lancé pour le 20 janvier, jour d’un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg.
Cette lutte pour la défense de notre agriculture est plus qu'une simple question économique; elle touche au cœur de nos valeurs nationales et à la sécurité alimentaire de nos concitoyens. La voix des agriculteurs doit être entendue.







