Ce lundi matin, des agriculteurs de toute la France se sont mobilisés en bloquant plusieurs ports et autoroutes pour exprimer leur opposition à l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur. Les actions de protestation font suite à l'annonce de la signature prévue pour le 17 janvier, plutôt controversée, notamment en France.
Dans des lieux stratégiques tels que le dépôt pétrolier à La Rochelle et les silos de grains à Bayonne, les manifestants, unis sous la bannière de la Coordination rurale, ont érigé des barrages filtrants. Ces actions rappellent les manifestations organisées le week-end dernier au port du Havre, où plusieurs agriculteurs se sont regroupés pour interroger les camions sur la conformité des produits qu'ils transportent.
Des actions coordonnées sur plusieurs fronts
À Bayonne, malgré une interdiction de rassemblement émise par la préfecture, une trentaine de tracteurs ont bloqué l'accès au site céréalier Maïsica. Le syndicat Modef a indiqué avoir reçu un soutien massif, avec une présence significative sur place. Au même moment, les agriculteurs du Pas-de-Calais maintiennent leur barrage sur l'autoroute A1, l'une des plus fréquentées du pays, dans un mouvement qui pourrait durer plusieurs jours.
« Nous sommes déterminés à faire entendre notre voix au gouvernement. Cet accord menace nos exploitations », a déclaré Damien Salomon, coprésident de la Coordination rurale.
Des manifestations à l'échelle européenne
La mobilisation ne se limite pas à la France; en Italie, en Pologne et en Irlande, les agriculteurs expriment également leur mécontentement. En effet, l'accord avec le Mercosur, qui inclut l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, pourrait créer l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, suscitant des inquiétudes concernant la concurrence avec les produits européens moins chers et potentiellement moins réglementés.
Des experts, comme Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, soulignent les risques pour l'agriculture européenne, craignant que cet accord n'ouvre la porte à des importations de produits qui ne respectent pas les normes françaises et européennes. « La sécurité et la qualité de nos produits doivent primer », a-t-il ajouté lors d'une récente rencontre avec les agriculteurs.
La pression monte alors que de nouvelles mobilisations sont prévues dans les jours à venir. Les agriculteurs demandent des garanties concernant la protection de leurs intérêts face à cet accord jugé déloyal.







