Lors d'un vote nocturne, le Sénat a pris une décision qui soulève des inquiétudes au sein de la communauté scientifique et des défenseurs de l'environnement. Le 30 juin, il a ainsi approuvé la réintroduction dérogatoire de deux pesticides interdits en France, dans le cadre d'un projet de loi sur l'urgence agricole. Ce vote, qui s'est soldé par 183 voix pour et 129 contre, a suscité une vive réaction de la part de Yannick Jadot, sénateur écologiste.
"C'est incroyable, c'est totalement incompréhensible !" s'est exclamé Jadot sur RTL. Il a critiqué cette démarche, évoquant près de vingt sociétés savantes, ainsi que l'Ordre national des médecins et l'Académie des sciences, qui mettent en garde contre la réautorisation des néonicotinoïdes. Selon lui, ces substances sont non seulement dangereuses pour les pollinisateurs, mais aussi pour l'ensemble de la biodiversité et notre santé.
Le sénateur a également qualifié le discours de Laurent Duplomb, qui a soutenu cette mesure, de "déni environnemental et sanitaire", soulignant que cette prise de parole a minimisé l'impact du dérèglement climatique. En effet, les néonicotinoïdes avaient été prohibés précisément en raison de leur potentiel de nuisance pour l'environnement.
Une mesure contestée
La réintroduction de l'acétamipride et du flupyradifurone a été intégrée à la loi Duplomb, terme désignant cette mesure. Bien que ces insecticides soient encore autorisés ailleurs en Europe, leur retour en France soulève un tollé parmi la gauche et diverses associations de protection de l'environnement. Les défenseurs de la biodiversité affirment que l'utilisation de ces produits chimiques pourrait avoir des effets désastreux sur des filières agricoles fragilisées, telles que la noisette ou la betterave, où leur usage serait encadré.
À présent, les députés et sénateurs se prépareront à une commission mixte paritaire prévue pour mi-juillet, qui aura pour objectif de trouver un compromis sur cette question controversée.







