Après des températures records enregistrées lundi 22 juin 2026, la vague de chaleur exceptionnelle qui touche la France se renforce encore ce mardi dans le Nord-Ouest, avec plus de la moitié du pays désormais en vigilance rouge, une situation sans précédent.
Cinq départements supplémentaires – Calvados, Eure, Manche, Seine-Maritime et Somme – passeront à la mi-journée de ce mardi au niveau d’alerte le plus élevé selon Météo-France. En tout, 54 départements sont en vigilance rouge et 35 autres en orange, exposant plus de 90 % des Français à des températures extrêmes.
Les alertes canicule resteront en vigueur au moins jusqu’à mercredi pour tous les départements concernés. Météo-France a également averti d’une possible extension de la vigilance rouge dès mercredi pour certains territoires actuellement classés en orange.
De nombreuses grandes villes ont observé des records de température ce lundi : 40,9 °C à Angers, 42 °C à Saintes et 41,9 °C à Bordeaux. La plus haute température de la journée a été mesurée à Châteaumeillant à 43,3 °C. L’association Météo Centre-Val de Loire a également relevé une température sans précédent de 44,3 °C au Blanc.
« La température moyenne devrait dépasser le record absolu de 29,4 °C et pourrait atteindre 30 °C en milieu de semaine, » avertit Météo-France.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu convoquera dans la matinée une nouvelle cellule interministérielle de crise au septième jour d’un épisode de chaleur déjà préoccupant.
« Durée encore incertaine »
Cette canicule, après la première en mai, est caractérisée par son intensité « exceptionnelle, similaire à celle d’août 2003 », qui avait causé près de 15.000 décès en France, « mais sa durée demeure encore incertaine », indique Météo-France.
Les populations les plus vulnérables sont particulièrement en danger face à cette chaleur intense. À Carpentras, deux enfants de 2 et 4 ans ont tragiquement perdu la vie dans leur voiture familiale.
Le jour précédent, trois personnes âgées sont décédées dans leur domicile en Gironde en raison des fortes chaleurs. Marina Ferrari, ministre des Sports et de la Jeunesse, a fait état mardi d'« une vingtaine de décès » par noyade « depuis le début du week-end », lors d'une interview sur France Inter. « Je tiens à rappeler les consignes de sécurité essentielles. Ce n’est pas anodin de se baigner en dehors des zones surveillées lors de ces épisodes caniculaires, » a-t-elle ajouté.
« Les urgences tiennent »
La canicule entraîne une hausse de « 30 à 40 % » du nombre d’appels au Samu-SAS, qui associe urgentistes et médecine de ville. Cependant, selon des représentants d’urgentistes, « les urgences tiennent ». Néanmoins, ils expriment leurs inquiétudes concernant la durée de cet épisode caniculaire : « Au début, l’organisme résiste, mais au fil du temps, >« on peut s'attendre à des complications psychiatriques, des problèmes de diabète, d'insuffisance cardiaque, et d'insuffisance rénale, » prévient Louis Soulat.
La situation perturbe également le fonctionnement des établissements scolaires, avec 1.352 écoles et collèges fermés lundi sur un total de 60.000. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a cependant assuré que « l’immense majorité » des élèves assisteraient à l’horaire prévu pour leurs épreuves du bac, qui se poursuivent mardi, malgré certains reports déjà observés dans diverses académies.
Comme la France, une grande partie de l’Europe subit aussi cette nouvelle vague de chaleur. Il s’agit de la deuxième en moins de trente jours à affecter l’ouest du continent. Selon les études scientifiques, le changement climatique provoqué par les activités humaines intensifie ces événements météorologiques extrêmes, y compris les vagues de chaleur. Les prévisions évoquent un réchauffement moyen de 2,7 °C en France d’ici 2050.







