Le bilan de l'épidémie de fièvre hémorragique en République démocratique du Congo (RDC) s'alourdit avec 1 003 cas confirmés et 254 décès, selon l'Institut national de santé publique (INSP) congolais. Ce chiffre représente un taux de létalité dévastateur de 25,3 %. La majorité des infections et des décès se concentrent dans la province d'Ituri, qui fait face à des conflits armés persistants.
Avec des capacités de dépistage qui s'améliorent, les autorités affirment que le nombre de cas pourrait continuer à croître. Cependant, de nombreuses ONG alertent sur une possible sous-estimation de la réalité sur le terrain, soulignant que la situation pourrait être bien plus grave qu'indiqué.
Une propagation géographique étendue
Non seulement l'Ituri, mais aussi les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont touchées, englobant une population d'environ 15 millions de personnes. La maladie a également franchi les frontières, atteignant l'Ouganda, où 20 cas ont été rapportés, incluant deux décès. Les autorités ougandaises tentent de contenir la situation, la décrivant pour le moment comme "sous contrôle".
L'épidémie a été déclarée deux mois après les premiers décès suspects observés autour du 20 mars, période durant laquelle la maladie s'est répandue "sans contrôle", selon un représentant d'une ONG international.
Une riposte sanitaire sous tension
Les efforts pour lutter contre l'épidémie incluent l'isolement des malades et le traçage des contacts, mais le système de santé, déjà fragile, est rapidement devenu submergé. Les centres de traitement, établis avec le soutien de l'OMS et d'ONG, sont déjà occupés à plus de 80 %. Les soignants font face à un manque d'équipements de protection et à un manque de ressources critiques comme le chlore, plus d'un mois après la déclaration officielle.
Même les professionnels de santé ne sont pas à l'abri : au moins 78 d'entre eux ont contracté le virus, et 18 en sont décédés, explique l'INSP. Cette crise met également en lumière la défiance profonde au sein des communautés locales, qui montrent une forte réticence à participer aux efforts de recensement et de traitement, ce qui complique davantage la jauge du nombre réel de cas.
Les experts prévoient que l'épidémie pourrait continuer à se propager pendant encore six mois, voire un an. La situation reste critique, et la communauté internationale doit se mobiliser pour répondre efficacement à cette crise sanitaire majeure.







