Mardi soir à Belfast, des violences ont éclaté lors de manifestations anti-immigrés, deux jours après qu'une attaque au couteau ayant choqué le pays a été attribuée à un réfugié soudanais. La scène était chaotique, avec des manifestants masqués s'attroupant par centaines, comme l'ont rapporté des journalistes de l'AFP.
Des véhicules, dont un bus, ont été incendiés, et des maisons ont pris feu, selon Sky News. Des résidents ont été évacués d'immeubles, dont un bâtiment au bord de l'incendie.
"Vers 19H30, ils ont commencé à allumer des poubelles puis ont lancé des cocktails Molotov," a relaté Eemran, un ingénieur indien de 41 ans, à l'AFP. "La fumée a envahi notre immeuble, et les pompiers ont dû nous ordonner de quitter les lieux."
Camila Flores, une Chilienne récemment arrivée à Belfast, a déclaré : "Je comprends la colère des gens, mais des discussions pacifiques sont possibles." La manifestation a perdu en intensité vers 23h00, probablement en raison des averses.
La Première ministre nord-irlandaise, Michelle O'Neill, a fermement condamné les actes de violence, les qualifiant de "lâcheté répugnante". Elle a ajouté sur le réseau social X : "Rien ne peut justifier de tels actes."
Ryan Henderson, commissaire adjoint de la police nord-irlandaise, a relevé que des troubles sporadiques s'étaient produits ailleurs en Irlande du Nord. La violence a été exacerbée par des appels à manifester de figures d'extrême droite, dont le militant Tommy Robinson, soutenu par Elon Musk sur les réseaux sociaux.
Le suspect de l'attaque au couteau, dont l'identité n'a pas été divulguée, a été arrêté pour tentative de meurtre et d'autres accusations. Le ministère de l'Intérieur a confirmé qu'il s'agissait d'un réfugié soudanais avec un permis de séjour valide jusqu'en 2028.
Arrivé au Royaume-Uni via Paris puis Dublin en 2023, le suspect n'est pas considéré comme un terroriste, bien que les motifs de l'agression demeurent flous. La victime, un homme dans la quarantaine, a subi des blessures graves.
La vidéo de l'attaque a circulé massivement, suscitant des réactions de la classe politique britannique, le Premier ministre Keir Starmer dénonçant un acte "révoltant".
Ce regain de tensions n'est pas sans précédent ; l'Irlande du Nord a connu des manifestations anti-immigrés violentes ces deux dernières années. L'attaque à Belfast survient dans un climat déjà chargé, après des émeutes similaires à Southampton.
Avec des arrestations récentes, la situation continue d’évoluer, suscitant inquiétudes et débats sur la gestion des immigrés et la sécurité publique.







