La construction d'un centre de quarantaine au Kenya, destiné à accueillir des citoyens américains exposés au virus Ebola, soulève une vive indignation au sein des populations locales. De nombreux habitants ont déjà manifesté leur mécontentement, notamment dans la région de Laikipia, où le projet est en cours d'achèvement.
Située dans la base aérienne de Laikipia, cette infrastructure de 50 lits est presque terminée et sera gérée par du personnel américain. Pourtant, le Kenya n'a signalé aucun cas d'Ebola depuis l'épidémie déclarée en République démocratique du Congo en mai et ne partage aucune frontière avec ce pays. Cette situation suscite des craintes parmi les habitants d'une éventuelle importation du virus dans un système de santé déjà fragile.
Tensions et manifestations aux abords de la base
Des voix s'élèvent, comme celle de Nicholas, un vendeur de souvenirs à Nanyuki, qui se demande : "Pourquoi ne le font-ils pas au Congo ? […] Pourquoi à Laikipia ?". Ce sentiment est partagé par de nombreuses personnes qui critiquent le choix des États-Unis de traiter leurs citoyens à l'étranger plutôt que sur leur propre territoire. La tension a atteint son paroxysme avec des manifestations qui ont éclaté devant la base, et selon des défenseurs des droits humains, deux manifestants auraient été abattus.
Les autorités défendent la coopération avec Washington
En dépit des critiques, le gouvernement kényan reste ferme dans sa décision. Lors d'une séance parlementaire, le ministre de la Santé, Aden Duale, a insisté sur le fait que la construction ne serait pas interrompue, déclarant que "cette épidémie ne nécessite aucune consultation" populaire. Le président William Ruto a également mentionné que les Kényans "n'ont pas suffisamment d'information pour comprendre" le projet et a soutenu la collaboration avec Washington.
Les récentes déclarations du secrétaire d'État américain, Marco Rubio, selon lesquelles les États-Unis "ne peuvent pas et ne permettront pas à des cas d’Ebola d’entrer" sur leur territoire, ont intensifié les critiques. Les inquiétudes persistent quant à la capacité des hôpitaux locaux à gérer une éventuelle crise sanitaire, tandis qu'un nouvel appel à manifester a été lancé pour mardi prochain.







