Le procureur général a requis jeudi une peine de réclusion à perpétuité lors du procès du psychiatre saoudien Taleb Jawad al-Abdulmohsen, impliqué dans l'attaque meurtrière sur le marché de Noël de Magdebourg, en Allemagne, en décembre 2024. L'assaillant a causé la mort de six personnes et blessé plus de 300 autres, un acte décrit par le procureur Matthias Böttcher comme dépassant "toute dimension humainement compréhensible".
Après sept mois de procès, M. Böttcher a souligné que l'acte avait été "longuement et soigneusement préparé", demandant ainsi une condamnation qui complique toute éventuelle libération conditionnelle après 15 ans. Taleb, qui a reconnu avoir planifié l'attaque et qui a conduit le véhicule, a cependant nié avoir eu l'intention de tuer des passants, se perdant dans des déclarations confuses mêlant théories du complot.
Arrivé en Allemagne en 2006, le psychiatre d'une cinquantaine d'années était déjà connu des services de police, avec un passif incluant une amende pour menaces. Selon le procureur, son acte de violence serait motivé par un ressentiment envers une association de réfugiés de Cologne, après un échec judiciaire qui l'aurait poussé à "se venger".
La défense et les parties civiles doivent encore plaider leur cause lors d'audiences à venir, lesquelles devraient s'étendre sur plusieurs jours, tandis que la date tant attendue du verdict reste à déterminer.
- Profil "islamophobe" -
Cette attaque, parmi d'autres incidents violents liés à des étrangers, a ravivé le débat sur l'immigration en Allemagne, surtout à un moment où le chancelier Olaf Scholz était en pleine campagne électorale. Elle a rappelé aux citoyens l'attentat tragique de décembre 2016 à Berlin, qui avait coûté la vie à 12 personnes.
Les autorités ont défini al-Abdulmohsen comme ayant un profil "islamophobe", faisant écho à ses sympathies affichées pour le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) sur les réseaux sociaux. Il critiquait le manque de protection accordée par l'Allemagne à ceux qui fuient l’Arabie Saoudite pour des raisons politiques ou religieuses, tout en dénonçant l'accueil jugé trop favorable des réfugiés musulmans.
Au cours du procès, l'accusé a montré peu d'émotion face au récit de l'acte d'accusation et a tenu un discours désordonné durant lequel il a évoqué une multitude de sujets, allant de la violence à l'égard des femmes dans son pays natal aux critiques contre les autorités et les médias.
Le jour de l'attaque, une voiture SUV conduite à grande vitesse a fauché un enfant de neuf ans et plusieurs femmes âgées. La justice a prévu de construire une salle d'audience temporaire pour permettre aux nombreuses victimes et à leurs familles de participer au procès, soulignant l'impact durable et dévastateur sur ces familles, qui continuent de souffrir de cette tragédie, comme l'a déclaré Matthias Böttcher.







