Dans un climat marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, TotalEnergies a récemment affiché des bénéfices nets en hausse de 51% par rapport à l'année précédente. Cette situation a suscité de vives réactions parmi les responsables politiques. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a partagé ses préoccupations sur RTL Matin, dénonçant les "profiteurs de guerre" et plaidant pour une taxation des superprofits.
Selon Faure, qui évoque une réponse de TotalEnergies, il est moralement inacceptable qu'une entreprise profite du malheur d'autrui. "La guerre au Moyen-Orient est profitable à Total. Comment justifier que des bénéfices soient réalisés sur le dos de ceux qui souffrent ?" questionne-t-il.
Pour lui, ces bénéfices exceptionnels sont le fruit d'un contexte de crise plutôt que d'un réel effort de l'entreprise. "Quand on profite d'une guerre sans avoir fait d'efforts spécifiques, c'est indécent. Qu'est-ce qui justifie ces gains ?", s'interroge Faure.
Taxer les profits au-delà de la normale
En réaction à ces profits jugés illégitimes, le Parti socialiste a déposé une proposition de loi visant à taxer les superprofits des grandes entreprises. Faure précise : "Cette proposition prévoit de taxer les bénéfices excédant la moyenne habituelle à 20, 30, voire 40 %". Il soutient que cette mesure servirait l'intérêt général, notamment en finançant des aides ciblées pour les ménages les plus touchés par l'augmentation des prix des carburants.
"Dans ma circonscription, beaucoup de personnes doivent faire la navette entre Paris et la grande couronne. Ces travailleurs méritent d'être soutenus", insiste-t-il, mentionnant également les professions particulièrement impactées, telles que les chauffeurs de taxi, les aides à domicile et les infirmiers.
Le pouvoir d'achat : "les salariés tirent la langue"
Au-delà de la thématique des superprofits, Faure a également abordé la question cruciale du pouvoir d'achat. Selon lui, la hausse des revenus ne compense pas l'augmentation des dépenses contraintes. "Le pouvoir d'achat croît, mais le reste à vivre diminue", rappelle-t-il, soulignant que les salariés font face à des difficultés financières croissantes.
Aucun risque de fuite des entreprises
En réponse aux inquiétudes concernant une éventuelle fuite des entreprises, Faure reste optimiste. "Je crois au civisme des entreprises françaises. Il est peu probable que des dirigeants choisissent de s'exiler", affirme-t-il. Il estime que des efforts supplémentaires sont justifiés dans ce contexte de crise, disant : "Lorsqu'un pays traverse des moments difficiles, il est légitime de demander une contribution sur les superprofits".
Des mesures jugées encore insuffisantes
Face aux actions déjà entreprises par TotalEnergies, telles que le plafonnement des prix à la pompe, Faure argue que ces mesures demeurent insuffisantes. "Ils ont réalisé des bénéfices extraordinaires en anticipant une hausse du pétrole", pointe-t-il. En matière de fiscalité, il souligne que réduire les taxes sur les carburants face à des contraintes budgétaires n’est pas viable. "Nous devons adopter des aides ciblées plutôt que des mesures générales", martèle-t-il, appelant à l’amplification des dispositifs d’assistance existants.
Enfin, Faure met en garde contre les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les populations les plus vulnérables, affirmant : "Les impacts de ce conflit seront désastreux, principalement pour ceux qui en ont le plus besoin".







