La cour d'assises de Vendée a ouvert le procès d'Amélie, 37 ans, et de sa mère, Carole, 62 ans, accusées d'avoir tenté d'empoisonner le mari de la première entre 2021 et 2022, à Thorigny, à proximité de La Roche-sur-Yon. Les faits reposent sur l'administration de plantes toxiques et de médicaments broyés, des tentatives de meurtre d'une gravité inouïe. Lors de cette première journée d'audience, le profil psychologique des accusées a été au center des débats, révélant des implications complexes qui interpellent le jury.
Confrontées à la gravité des charges, Amélie et Carole, qui sont en détention provisoire depuis la découverte des faits, sont assises côte à côte dans le box des prévenus. Enrique, leur victime présumée, ex-conjoint d'Amélie, reste de marbre, semblant absorbé dans ses pensées, bien qu'il réagisse imperceptiblement à certaines déclarations. La première journée est principalement dédiée à explorer les dynamiques familiales et psychologiques qui entourent les accusées, qui reconnaissent en grande partie les faits qui leur sont reprochés.
Carole évoque les difficultés émotionnelles qu'elle a traversées, notamment la perte tragique de son premier fils, décédé à l'âge de neuf mois. "J’avais l’impression que mon gendre me manipulait, mais ce n’était pas le cas. J’aurais jamais dû dire oui à ma fille," confie-t-elle en larmes. Cette douleur persistante, selon un psychologue entendu au procès, pourrait être un des facteurs ayant conduit à ces événements tragiques, masquant des souffrances profondes.
"Il y a eu un vide énorme dans mon enfance", Amélie
Amélie, avec sa chevelure blonde et son chemisier blanc, partage son ressenti profond concernant son enfance. "Il y a eu un vide énorme à cause de l'absence de ma famille", explique-t-elle, en parlant de son père, qui a eu onze enfants avec différentes femmes. Elle exprime des souvenirs fragmentés et une lutte contre le mal-être qui l'a accompagnée, renforcée par des troubles psychologiques et des épisodes de jalousie. Elle admet avoir pris des décisions impulsives, notamment en empruntant rétroactivement plus de 60.000 euros sur le compte de sa grand-mère pour alimenter ses propres besoins.
Les experts présents à l'audience décrivent un duo fascinant mais troublant, une mère et une fille dont les aspirations semblent souvent teintées de rêves filmés : une maison parfaite, une famille idéale, mais la réalité s'avère bien plus sombre et déformée. Les événements éclaircissent ainsi comment la culture populaire, notamment via des séries telles que "Breaking Bad", a modelé leur vision de la vie. Le procès se poursuit avec l'audition d'Enrique, prévue pour jeudi, avant le verdict qui interviendra vendredi.







