Amélie D. et sa mère, Carole D., ont été condamnées à respectivement 15 et 20 ans de réclusion criminelle pour avoir empoisonné à plusieurs reprises le compagnon d'Amélie, dans un procès qui rappelle l'univers des séries télévisées. Ce vendredi matin, l'avocate générale a qualifié leur agissement de "projet criminel digne d'un scénario de film" lors de leur comparution devant la cour d'assises de Vendée.
Les deux femmes ont reconnu les faits, Amélie tombant en larmes à l'énoncé de la peine. La cour a entendu que les empoisonnements avaient commencé en 2021, le premier d'entre eux impliquant 30 comprimés d'alprazolam dilués dans une tasse de café. Carole D. a admis avoir broyé les médicaments, rendant sa victime amnésique sur la journée. Ce ne fut que le début d'une série d'empoisonnements.
Par la suite, Amélie a utilisé de l’aconit, une plante toxique, saupoudrée sur un plat de chili con carne. La victime, Enrique B., a relaté avoir eu des sensations étranges, évoquant des "fourmis dans la bouche" et des frissons, se sentant en danger de mort. Un autre incident impliquait du ricin glissé dans des sachets d’olives et de tabac, que la victime n'a finalement pas consommés.
Dans ses explications, Amélie a admis avoir été influencée par plusieurs séries télévisées. Elle a précisé que les dynamiques de l’aconit provenaient de la série « You », tandis que le ricin a été inspiré de « Breaking Bad ».
Une relation mère-fille « fusionnelle »
Amélie se décrit comme une femme jalouse et possessive, ayant déclaré que son travail dans un "milieu d'hommes" avait exacerbé la jalousie d’Enrique. Carole D. a souligné qu'elle n’a agi que dans l’intention d'aider sa fille à se sentir "tranquille". Les deux femmes ont caractérisé leur relation de "fusionnelle". Selon Enrique, qui s'est définitivement retiré de cette relation toxique, Amélie avait probablement des intentions cachées de ''récupérer'' leur maison située près de La Roche-sur-Yon. Cette hypothèse a été confirmée lors des débats, bien qu'Amélie ait contesté que ce soit son principal but.
Le tribunal a également ordonné un suivi socio-judiciaire de cinq ans pour Amélie D., soulignant la gravité de ces actes inspirés par une culture populaire déformée.







