Une décision prononcée ce vendredi 27 mars par la cour d’assises de Vendée a scellé le sort d'une mère et de sa fille, condamnées à 15 et 20 ans de réclusion criminelle pour avoir empoisonné à plusieurs reprises le compagnon de la jeune femme, Enrique, sur une période de près de deux ans. Ce calvaire a pris fin lorsque la situation est devenue insoutenable pour la victime.
Le verdict est tombé après que l’avocate générale ait requit des peines maximales, qualifiant les actes des accusées, âgées de 62 et 37 ans, de “projet criminel digne d’un scénario de film” et soulignant leur “volonté de tuer”.
Une série d'empoisonnements inspirée par la fiction
Le premier empoisonnement a eu lieu en 2021, lorsque la fille, Amélie, a offert une tasse de café à Enrique, contenant 30 cachets d’alprazolam. C’est sa mère, Carole, qui s’est chargée de broyer les comprimés. Enrique, après avoir ingéré la boisson, a tout oublié de cette journée.
Par la suite, les tentatives d’empoisonnement se sont intensifiées, avec l’introduction d’aconit, une plante toxique, dans un plat de chili con carne. Enrique a déclaré avoir ressenti des “fourmis dans la bouche” et avoir réellement cru qu’il allait mourir ce jour-là. De plus, un autre épisode a impliqué le ricin, placé dans un paquet de tabac, que Enrique n’a cependant pas consommé.
Lors des interrogatoires, Amélie a admis avoir puisé son inspiration dans plusieurs séries télévisées, reconnaissant que l’aconit provenait d’un épisode de "You" et le ricin d’une scène de "Breaking Bad", révélant ainsi un processus de pensée alarmant et une inadéquation avec la réalité.
Une jalousie dévastatrice
Amélie, visiblement émue au moment du verdict, s'est déclarée coupable des faits. En couple avec Enrique depuis la fin des années 2010, la relation a été marquée par des tensions, les deux parties indiquant avoir subi des violences conjugales. Amélie se décrit comme “jalouse” et “possessive”, ayant eu un travail dans un “milieu d’hommes”, ce qui aurait exacerbé sa jalousie excessive. Carole a, pour sa part, justifié son comportement en affirmant avoir agi pour protéger sa fille.
Selon des témoignages de la victime, Amélie aurait eu l’intention de “récupérer” leur maison facilement après avoir causé des problèmes à Enrique. Toutefois, elle a tenu à nuancer ses motivations, clarifiant que cette idée n’était pas une préoccupation principale. En conséquence, la cour d'assises a ordonné un suivi socio-judiciaire de cinq ans à l'encontre des deux femmes, ajoutant une nouvelle dimension à cette affaire tragique.







