Avant les élections municipales, l’ancienne majorité de Pouillon a déposé plainte contre une ancienne employée de la mairie, l’accusant d’un détournement d’au moins 11 000 euros liés aux locations de gîtes. C'est une nouvelle affaire dont la commune se serait bien passée, surtout après les six années de conflits autour de l’ancien maire, Patrick Vilhem, condamné pour agression et harcèlement sexuel envers des employées municipales. La commune espérait se rétablir.
Une enveloppe de 3 671 euros
Cette plainte a été portée contre une des victimes de Vilhem par la nouvelle municipalité, qui a pris ses fonctions après la condamnation de l'ancien maire. En février 2026, la municipalité s’est constituée partie civile auprès du tribunal judiciaire de Dax pour des faits de détournement de fonds. Cela fait suite à une première plainte classée sans suite en septembre 2025, selon des informations recueillies par Sud Ouest.
L'ancienne régisseuse des gîtes, embauchée dans les années 1980, avait mis en avant un droit de retrait en raison de la détresse psychologique causée par les pratiques de l’ancien exécutif. Elle a été licenciée en janvier 2023.
Une nouvelle régisseuse, nommée en avril 2023, a découvert que des paiements en espèces n’avaient jamais été enregistrés, suscitant une enquête. Au total, 3 671 euros étaient manquants. La mairie a alors engagé une procédure disciplinaire et déposé une première plainte.
« Ce n’est pas improbable qu’elle ait emporté chez elle cette enveloppe en oubliant qu’elle contenait les recettes »
En avril 2024, l’ancienne régisseuse a admis posséder l’argent manquant, déclarant qu’il était resté non encaissé dans une enveloppe au moment de son départ. Son avocate, Me Frédéric Lonnét, faisait valoir la grande détresse psychologique de sa cliente au moment des faits, indiquant que l’argent avait été restitué dès que la mairie l’a demandé.
L’enquête souligne des incohérences
Malgré les déclarations de l’ex-employée, l’enquête a révélé des incohérences, soulevant des doutes quant aux conditions dans lesquelles les fonds avaient disparu. Le rapport de la brigade de recherches de Dax mentionne que les circuits de dépôt des fonds semblent peu sécurisés, pouvant permettre l’accès à plusieurs personnes.
Le procureur a finalement classé la plainte sans suite, soulignant qu’il n’avait pas d’éléments suffisant contre l’ex-employée, alors même que la plainte de la mairie mentionne que plusieurs sommes étaient manquantes.
Des zones d'ombre demeurent
La municipalité actuelle a exprimé sa préoccupation concernant les zones d’ombre entourant cette affaire. La nouvelle régisseuse affirme qu'il y a d’autres sommes manquantes, soit 11 094 euros pour 2019-2022, allant même jusqu'à mentionner un risque de 26 420 euros. Une situation qui nécessite des éclaircissements.
Revendications et réactions
Me Lonnét appelle cela un « contre-feu » pour détourner l’attention des véritables problèmes. Tandis que l’avocate de la municipalité, Me Élise Michel-Tastet, indique qu'il est primordial d’avoir une enquête approfondie pour découvrir la vérité.
Philippe Durosoy, le maire élu en mars 2026, reste prudent quant à la suite des actions judiciaires envisagées par la municipalité. La prochaine étape reste donc incertaine, laissant la possibilité de nouvelles investigations à déterminer par le juge d’instruction.







