Les gendarmes de la section de recherches de Bourges ont mis fin à un réseau de trafic de cannabis d’envergure, orchestré au sein d’une même famille, entre l'Indre et le Cher. Cette opération a révélé un mode de livraison inédit, la drogue étant acheminée vers des locker à travers le pays et à l'étranger.
Ce fait divers improbable rappelle le scénario de la série télévisée "Family Business", où une famille se lance dans le trafic de stupéfiants. Lors de l’enquête, menée ce 16 mars 2026, une sœur, son frère et leurs deux parents ont été interpellés. La principale mise en cause, âgée de 23 ans, a été condamnée à 4 ans de prison, dont 3 ferme, après avoir été jugée en comparution immédiate.
La drogue réceptionnée par courrier, puis expédiée dans des casiers
Selon un communiqué de presse des gendarmes, la méthode employée pour acheminer la drogue était particulièrement innovante : la cannabis provenait d’Espagne, où la principal suspecte se rendait fréquemment. Elle importait 149 kilos de résine de cannabis, reconditionnée ensuite pour être vendue sur les réseaux sociaux sous le nom de "family farmz paris". Les commandes étaient expédiées à la fois en France et à l'étranger, notamment vers la Norvège et l'Italie, et récupérées dans des lockers.
Les enquêteurs ont également mis en lumière un train de vie luxueux que ne corrobore pas les revenus déclarés de la jeune femme, faisant état de voyages, de vêtements de marque et d'objets précieux. Ces éléments soulèvent des interrogations sur l'origine de ses moyens financiers.
En plus de la sœur, le frère et les parents de la principale mise en cause sont eux aussi suspectés de complicité, ayant apparemment participé au stockage et au transport des drogues. Ils ont été appréhendés par la gendarmerie, qui a saisi lors de perquisitions 10 kilos de cannabis, des équipements pour la production, ainsi que plusieurs milliers d'euros en liquide.
Une défense qui soulève des questions
L'avocat de la mise en cause, Jérémy Schuletzki, dépeint sa cliente comme victime des circonstances, expliquant qu'elle aurait revendu la drogue pour régler une dette. Il appelle à nuancer : "On n'est pas sur une tête de trafic. Elle a cédé à la facilité d'un réseau qui l'a enrôlée sans véritable choix". Cependant, la justice a également révoqué un sursis antérieur en raison de précédents judiciaires liés à la détention de stupéfiants.
Enfin, le procureur de la République, David Marcat, a confirmé que des scellés avaient été saisis lors de l'opération, incluant des vêtements de luxe et plus de 4.000 euros en liquide, dévoilant ainsi l’étendue des implications de cette affaire.







