Lors de la dernière journée du procès qui s'est tenu devant la cour d'assises des Landes, l'avocate générale Alexa Dubourg a requis 18 ans de réclusion criminelle contre un homme de 41 ans, accusé de tentatives d'enlèvement à Pau en 2010 et à Mont-de-Marsan en 2023.
"Une peine de réclusion criminelle longue s'impose", a souligné Dubourg, rappelant l'extrême dangerosité de l'accusé. Le procureur a précisé que bien que le pire n’ait pas eu lieu, la gravité des actes commis mérite une sanction exemplaire. Selon elle, cette peine est en adéquation avec la loi, qui prévoit jusqu'à 20 ans pour un viol sur mineur ou jusqu'à 30 ans en cas de meurtre.
Agressions d'une "extrême violence"
Rappelons que les faits reprochés à l'accusé incluent des tentatives d'enlèvement sans succès où il a tenté de forcer deux jeunes femmes à entrer dans son véhicule. Les incidents se sont produits dans des contextes très différents : la première nuit à Pau, et la seconde en plein jour à Mont-de-Marsan. Dubourg a mis en lumière l'"extrême violence" dont a fait preuve l'accusé, en insistant sur l'impact dévastateur sur les victimes.
Elle a cité les témoignages bouleversants de la victime de 2010, ainsi que ceux des parents de la jeune fille impliquée dans la seconde attaque. "Une agression peut laisser des séquelles permanentes, même si elle ne dure que quelques secondes", a-t-elle déclaré, appelant les jurés à prendre en considération cette réalité choquante.
Les zones de flou
Au cours des trois jours de procès, l'accusé a souvent été en proie à l'émotion, attribuant ses actions à des "fantasmes" et révélant une consommation excessive d'alcool et de contenus pornographiques avant d'agir. Malgré des sollicitations régulières, il n'a pas su clarifier ses intentions concernant ses victimes, une omission qui pourrait lui coûter cher en termes de condamnation. "Chaque zone de flou que vous laisserez sera des années de prison en plus", a mis en garde Dubourg.
Dans des moments de regret, l'accusé a exprimé un "sentiment d'horreur" en réalisant son acte, mais les jurés ont été alertés que son arrestation n'a été possible que grâce à l'intervention d'autrui, sans qu'il ne se soit jamais rendu à la police.
Le verdict sera rendu en fin de journée, après la plaidoirie de la défense. Ce procès fait écho à des préoccupations plus larges sur la sécurité des femmes et l'ampleur de la violence dans notre société.







