À partir de ce mardi 26 mai, la cour d'assises spéciale de Rennes se penche sur l'affaire tragique qui a failli coûter la vie à Mahammad Mirzali, un blogueur dissident azerbaïdjanais désormais résident en France. Neuf suspects, impliqués dans la tentative de meurtre, seront jugés sous un encadrement de sécurité renforcé.
Selon l'avocat de Mirzali, ce procès est bien plus qu’un simple affrontement juridique : il s’agit d’un test pour la liberté d’expression face à un régime perçu comme autoritaire. "Ce procès n’est pas seulement celui de l’attaque, mais celui du droit de critiquer un gouvernement despotique", a-t-il affirmé.
Les membres du prétendu "commando" sont tous de nationalité azerbaïdjanaise et persistent à nier leur implication dans l’agression. Les enquêtes se concentrent également sur les présumés commanditaires qui, selon l’avocat, pourraient avoir des liens jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir azerbaïdjanais.
Les révélations contestées
Les mesures de sécurité sont particulièrement strictes afin de protéger Mirzali, qui, depuis son agression, vit sous protection policière. Le jeune homme de 32 ans, réfugié politique en France depuis 2015, a utilisé sa voix pour dénoncer les travers du régime d’Ilham Aliyev, amassant ainsi des centaines de milliers d’abonnés sur sa chaîne YouTube.
"Il est inquiet, même après le procès, car les menaces pourraient persister", rapporte son avocat, Me Henri Carpentier.
Mirzali se souvient des coups de couteau qu'il a reçus lors de l'attaque, où il a été blessé à plusieurs reprises, suscitant des craintes pour sa vie. "Ce que l’on a voulu tuer, c’est la voix qui dénonce les scandales de la corruption", a ajouté son avocat.
Un contexte lourd
Bien que les responsables de l’assassinat n’aient pas été identifiés, il reste évident que les menaces proviennent des plus hautes hiérarchies azerbaïdjanaises, selon Me Carpentier. Par ailleurs, Mirzali a été condamné par contumace à six ans et demi de prison dans son pays d'origine.
Parmi les accusés, un homme, en réalité un Azerbaïdjanais identifié comme Emin Qasimov, a été interpellé en possession d'un faux passeport. Il est jugé pour "tentative de meurtre en bande organisée", un crime passible d'une peine de réclusion à perpétuité.
Le procès, qui pourrait se poursuivre jusqu'au 12 juin, n’inclut pas seulement les membres du commando, mais aussi des complices qui seront jugés pour association de malfaiteurs.







