Ce mardi matin, des agents de la brigade financière et anticorruption (BFAC) de la police judiciaire de Paris ont effectué des perquisitions dans plusieurs bureaux, dans le cadre d'une enquête concernant la gestion des cérémonies d'entrée au Panthéon. Bien que les enquêteurs n’aient pas pu accéder au palais de l’Élysée, protégé par l’article 67 de la Constitution, cette action soulève de nombreuses interrogations.
Un éclairage est ainsi porté sur les nombreuses attributions de contrats à Shortcut Events, une agence événementielle parisienne ayant potentiellement bénéficié de relations privilégiées avec les autorités. Depuis 2002, l’agence a été impliquée dans l’organisation des cérémonies de panthéonisation, des événements qui, selon Le Canard enchaîné, ont engendré des montants considérables pour des prestations souvent facturées autour de 2 millions d'euros chacune.
Shortcut Events, fondée en 1996, se situe au cœur du huitième arrondissement de Paris et est dirigée par Christophe Pinguet et Lionel Laval, deux figures bien connues du secteur événementiel français. Leur carnet d'adresses inclut des clients prestigieux tels que LVMH, Chanel, et le musée du Louvre. En 2022, leur succès a attiré l’attention de Havas, qui a acquis une part de 30% de l'agence, comme mentionné par CB News.
La relation de Shortcut avec le gouvernement semble particulièrement lucrative. Les dirigeants de l’agence sont désormais sous le radar de la justice, soupçonnés de favoritisme et de trafic d'influence. Une collaboration amicale avec des responsables du Centre des monuments nationaux (CMN), l'entité en charge des appels d'offres pour ces cérémonies, suscite des interrogations. Des photos sur les réseaux sociaux entre les parties impliquées pourraient étayer ces accusations, révélant d’éventuels conflits d’intérêts.
Par le passé, les prix des contrats ont souvent fait débat, à l’image d’un repas d’inauguration à Villers-Cotterêts, facturé à 165.000 euros pour une centaine de convives, soit environ 1.600 euros par personne, selon Le Canard enchaîné. Avec des enquêtes qui se resserrent, ce nouveau verrou pourrait faire exploser une potentielle « affaire Shortcut » dans les mois à venir.







