REPORTAGE. À Perpignan, comme dans de nombreuses villes françaises, la cohabitation entre les taxis détenteurs d'une licence et les véhicules de transport avec chauffeur (VTC) est devenue habituelle. Cependant, cette concurrence prend une tournure unique ici.
Le problème rencontré à Perpignan est double : d'un côté, le nombre de touristes est limité, en grande partie à cause de l'absence d'un service régulier de TGV vers l'Espagne, et de l'autre, la municipalité est souvent perçue comme rigide par les acteurs locaux. Louis Aliot, le maire du Rassemblement National, qui a été reconduit au premier tour, a promis un encadrement strict de cette profession. Cependant, les taxis ressentent une certaine déception à cet égard.
René, un chauffeur de taxi dans la cinquantaine, avait applaudi l'arrêté municipal interdisant aux VTC de prendre des clients en hélage. En théorie, ces derniers doivent fonctionner uniquement sur réservation. Cependant, plusieurs chauffeurs de taxi affirment que les VTC semblent ignorer cette règle, notamment aux abords de la gare routière et de la gare SNCF.
“Ils se comportent comme des taxis, sauf que moi, j'ai investi 250 000 euros dans une licence tandis qu'eux ne déboursent rien”, s’indigne René. Comme beaucoup de ses collègues, il appelle de ses vœux la création d'une brigade de police municipale dédiée à la régulation des VTC.
Interrogé à ce sujet, Louis Aliot se montre peu optimiste. Il admet que la police municipale ne peut pas se concentrer sur ce type d'infractions, mettant en avant d'autres priorités, telles que le vol à la tire et le trafic de drogue qui ravagent la ville.
Une dynamique de prix en pleine évolution
A l’inverse, Ryane, un jeune VTC de Perpignan, fait entendre une voix différente. Écoutant un morceau de Jul dans sa voiture, il commente : “Au début, j'étais d'accord avec Aliot, mais il a changé. La police municipale nous contrôle sans cesse alors qu'on se bat juste pour subsister.”
Dans cette lutte discrète entre taxis et VTC, le véritable gagnant semble être le consommateur. Paul, un sexagénaire de la Sarthe, a remarqué que la concurrence pousse les taxis à adapter leur approche. Selon ses estimations, les VTC captent près de 30 % du marché local.
Ce changement a incité les taxis, souvent considérés comme de petits commerçants indépendants, à proposer des promotions. Certains réduisent leurs tarifs la nuit pour rester compétitifs, une évolution surprenante dans un secteur souvent perçu comme protégé. Cette transformation est aussi soulignée par des experts de l'économie locale tel que le site Valeurs Actuelles, qui évoque l'adaptation nécessaire aux nouveaux enjeux économiques.







