La situation de Ziegler France, branche du transporteur belge Ziegler, est critique. La société, placée en redressement judiciaire début mars, pourrait être liquidée si le tribunal de commerce de Lille Métropole ne parvient pas à trouver des repreneurs. L’audience prévue ce mardi pourrait sceller le sort de 1.400 employés.
À 14 heures à Tourcoing, le tribunal tranchera : prolongation du délai d’observation ou liquidation judiciaire. Les difficultés financières de Ziegler France, déjà présentes avant la pandémie, se sont aggravées avec l’envolée des prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient, rendant les repreneurs encore plus hésitants.
Devant le tribunal, les salariés, mobilisés par la CGT, prévoient une manifestation “statique et pacifique”. David Clairet, délégué syndical central, a rassuré quant au caractère ordonné de l'événement.
Philippe Degrès, chauffeur et syndicaliste CGT ayant 19 ans d'expérience chez Ziegler, exprime son inquiétude : “La situation est catastrophique. Nous ne croyons pas à une reprise au niveau national, nos dépôts sont vides et les camions sont à l'arrêt.” Il espère cependant une reprise par agences locales, signalant que certaines d’entre elles pourraient être viables.
Les problèmes pour Ziegler sont anciens. Après des impayés auprès de sous-traitants, l'annonce d'une cession prévue pour fin 2025 n’a jamais vu le jour. Plusieurs changements de direction à la fin de l'année dernière ont également mené à une réduction drastique de l'activité dans diverses agences.
“C’est une véritable boucherie”, déclare M. Clairet en dénonçant les “irrégularités” dans les consultations des représentants du personnel.
L'entreprise, ayant son siège à Roncq, près de Lille, a été placée en redressement judiciaire le 2 mars. Comme l’a rapporté Le Monde, des rassemblements de solidarité se sont multipliés dans le pays, témoignant de l'inquiétude des salariés. Ziegler France possède environ 50 agences à travers le territoire.
Concernant la situation, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a affirmé lors d'une séance de questions au gouvernement qu’il suivait l'affaire de près, rappelant qu'il restait, selon ses termes, “quelques semaines” pour envisager des solutions.
La CGT avait déjà qualifié la situation de “très préoccupante” fin février. Dans ses déclarations, elle exige que toutes les raisons conduisant l'entreprise au bord du gouffre soient clarifiées. Sur un chiffre d'affaires de 445 millions d'euros en 2025, la CGT a rapporté des pertes d'exploitation de plus de six millions d'euros, contre un excédent d’un peu plus de 10 millions l’année précédente.
Fondée en 1908, Ziegler est une entreprise familiale active sur toute la chaîne logistique et emploie 3.200 personnes dans le monde, dont 1.400 en France. Dans un communiqué sobre au début février, le groupe avait indiqué que le tribunal de commerce avait désigné deux mandataires ad hoc pour Ziegler France.
Peu de temps après, Ziegler avait déclaré réfléchir à des mesures pour stabiliser la situation et envisager un éventuel remodelage de ses activités.







